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 " La Revanche de la Morgane "

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Date d'inscription: 01/01/1970

MessageSujet: " La Revanche de la Morgane "   Lun 5 Nov 2007 - 15:09

Bon je reposte ma Fan Fic' car j'ai du mal à m'y retrouver Razz


Chapitre [1]


L'hélicoptère fendit les airs, tel un faucon. La pluie arriva et le vent se mit à souffler. Marie, qui avait fini par s'endormir dans les bras de Lucas, se réveilla en sursaut. Un rêve étrange l'avait saisie, un cavalier galopant seul sur une plage. Elle releva son menton boudeur et regarda Lucas qui avait, lui aussi, succombé aux bras de Morphée. Elle ne put s'empêcher de penser à lui, petit garçon, ce Quentin qui avait rencontré Mary; sa mère. Les 2 risettes qui lui creusaient les joues et ses mèches rebelles l'amusaient. Elle l'embrassa tendrement et posa sa main dans ses cheveux que l'air salin lui avait bouclés. Elle crut apercevoir un soulagement presque inaudible sur les lèvres de son mari. Elle comprenait la douleur qu'il pouvait avoir. Elle repensait à son enquête à Ty-Kern, à la torpeur qui l'avait saisie à la fin et qu'elle avait noyée dans les bras réconfortants de son amant et dans les dossiers qui s'éparpillaient sur son bureau au SRPJ.
Il avait été là pour elle, maintenant c'était à son tour d'être là pour lui.

Lucas finit par se réveiller lorsque l'hélicoptère traversa une petite zone de turbulences, au dessus de Tintagel. Il sourit à Marie qui continuait de lui caresser tendrement les cheveux. Il l'embrassa au creux du cou et lui murmura qu'il l'aimait vraiment trés fort et que malgré les évènements récents, son amour pour elle n'avait pas failli. D'un accord que l'on aurait pu juger tacite entre eux, aucun des deux ne se risqua à parler d'Axel et surtout de la période que ce dernier avait passé avec Marie.

Scrutant les alentours, Lucas finit par faire remarquer à Marie que Tintagel devait avoir des origines celtes. En lui dédiant son plus beau sourire ironique, il lui montra le baromètre accroché au tableau de bord et lui dit que le temps était le même qu'en Bretagne et qu'en Irlande.
Elle se mit à rire ne sachant pas trés bien si c'était à cause de la boutade faible de Lucas ou de la joie de le voir redevenir lui même.

L'hélicoptère se posa en douceur sur la plate-forme de la base aéronautique navale de Lann-Bihoué. En serrant la main de Lucas dans la sienne, Marie descendit les escaliers et se dirigea vers la salle des Arrivées. Elle fut agréablement surprise de trouver, là, devant elle, Jeanne & Milic Kermeur; ses parents.
- Oh, ma grande fille, j'ai eu si peur ! dit Jeanne à Marie, avec une expression d'effroi intense.
- Mais, maman, comment ... commença Marie, mais celle-ci fut interrompue par Milic :
- Comment, nous le savons ? A ton avis ? La télé a retranscrit toute l'histoire, d'un bout à l'autre, aux infos.Et même, par Gwidyon, malgré ce que tu penses, tu es notre fille et quand tu es en danger nous le sentons aussi fort que si nous t'avions conçu. continua celui-ci.

Marie comme poussée par une force invisible, qu'on aurait pu apparenter à l'amour tout simplement, se jeta dans les bras grands ouverts de son père et pour la première fois depuis toute cette enquête, elle se mit à pleurer à chaudes larmes de petite fille.

Lucas embarrasé par la souffrance de sa femme et par l'intimité crée par les 3 bretons, s'en alla chercher les bagages, mais il fut vite rejoint par Jeanne, qui sans un mot, le prit dans ses bras et l'embrassa tout en le remerciant :
- Trugarez, trugarez evit Mari ! dit celle ci, qui lorsque les émotions étaient trop fortes, parlait breton.

Lucas ne sachant pas trés bien comment réagir, devant cette élan soudain de tendresse, se contenta de tapoter sur le dos de Jeanne sans rien dire.
Marie regardait ce spectacle et à travers ses larmes, un éclair de joie fusa dans ses yeux, lorsqu'elle vit l'embarras de son mari. Elle se détacha de son père, prit Lucas par la main et s'en alla chercher ses bagages. Lucas la regarda avec un air de totale incompréhension qui fit rire Marie.

L'air frais de Ty-Kern, malgré la saison estivale, chassait les rares passants, courageux et inhabitués, du port. Le bac gronda quand il arriva au port et la famille Kermeur-Fersen, seuls passagers à bord, débarqua.
- Nous voilà de retour en hiver, ironisa Lucas, toujours ce temps aussi agréable et acceuillant !
Les bagages à peine déposés sur le vieux lit de Marie, la confirmation qu'ils allaient être seuls dans la maison, aprés avoir apercus Jeanne qui s'en allaient avec Milic cherchait à manger pour leurs petits de l'autre côté de Ty-Kern, les fit basculer sur le lit et d'un accord silencieu, leurs bouches se trouvèrent et des kyrielles de sensations, restées enfermées depuis trop de temps, re-apparurent.

Le soleil était descendu bien bas dans le ciel, lorsque en sueur les amants se détachèrent, encore haletants, Lucas regarda Marie avec cet air coquin qu'elle affectionnait tant :
- Je ne savais pas que ce climat te réussissait si bien, si j'avais su on aurait passer notre nuit de noces, ici !
- L'air marin est trés utilisé pour remettre d'aplomb les gens ! lui répondit Marie avec un clin d'oeil.
- Le jour où tu trouveras quoi que ce soit contre la Bretagne et toutes ses institutions, il fera 40°C toute l'année ici, acheva Lucas en voyant sa femme prête à le taquiner.

Le dîner, bien que trés breton, plût à Lucas, qui commençait à se rendre compte qu'il y avait pire dans la vie, que d'être le gendre d'une bretonne. Il admirait la faculté de Jeanne de restait solide comme un roc malgré les événements qu'elle avaient du affronter. Il regarda autour de lui et son instinct de flic lui fit remarquer que la pièce avait changée, Jeanne et Milic avait sans doute du redécorrer la maison aprés les drames de Ty-Kern. Par ci, par là, il appercevait des photos de Marie, à tout âge. Il affectionnait particulièrement celle où on voyait Marie, qui ne devait pas dépasser les 16 ans, affublée d'une chemise à rayures, sans doute prêtée par Loïk ou Gildas, et d'une paire de bottes jaunes, en train de rire. Il se promit intérieurement de demander à Jeanne de la lui prêter pour qu'il la copie.

Les quelques jours qu'ils passèrent à Ty-Kern leur permirent de se retrouver, de redevenir une unité, de passer l'éponge temporairement sur les épreuves. Ils ne faisaient rien; ce qui représentait quelque chose à leurs yeux, habitués à courir toute la journée. Ils téléphonèrent à la DCR, qui compte tenu des évènements, compris leurs besoins d'être un peu éloignés de tout. A la grande surprise de Marie, celle ci se rendit compte qu'elle n'avait pas encore fait le deuil des évènements de Ty-Kern. Souvent la nuit, elle se réveillait et des souvenirs troubles, mais présents, affluaient dans ses rêves. Lucas, quand à lui, bien que touché profondément par ce qui s'était passé à Killmore, continua d'aller en avant, comme il se plaisait à dire. Ils discutèrent de leur avenir : ils voulaient partir de Paris. Peut être aller dans le Sud, en Provence proposa un soir Marie :
- Au moins, là-bas on aura ni la pollution parisienne, ni le charmant temps qui sévit dans le coin, lui fit remarquer Lucas.
- J'ai une amie avec qui j'ai usé les bancs de l'école de Police et qui est parti là-bas avec son fiancé de l'époque. Depuis le temps, je n'ai aucune nouvelle, mais Loïk, qui était trés ami avec son fiancé, en recevait de temps en temps, lui répondit Marie en sentant se serrer son coeur à l'évocation de son frère, je pourrais peut être retrouver son adresse ?
- Ou sinon, tu sais, ma meilleure amie : Elena, aprés sa mutation est partie plutôt dans le sud-ouest vers Toulouse, dit soudain Lucas en souriant dans le vague.
- Ta meilleure amie ? Demanda Marie d'un ton qui se voulait anodin, bien que la jalousie pointait dans la question. Ta meilleure amie dont tu ne m'as jamais parlé et que tu n'as pas invité au mariage ?

Lucas, amusé par la soudaine réaction jalouse de sa femme, à l'égard d'une autre femme, fit exprés de se murer dans le silence tout en souriant à l'évocation de cette Elena. Marie mordant à l'hameçon et emportée par son caractère breton, lui demanda avec une pointe d'irritation si cette Elena était jolie. Trés, trés belle lui répondit Lucas, blonde vénitienne mais plus foncée que toi, de grands yeux turquoise et puis un corps d'athlète, elle adorait l'athlétisme. Voyant Marie sur le point de lui répondre vertement, il continua dans la plaisanterie, en lui racontant qu'il était sortie avec pendant un an. Marie comprenant soudain le comportement de son époux, baissa d'un ton et sur le même ton lui répondit, que de toutes façons, elle avait eu elle aussi, un passé amoureu.

Le silence s'abatit sur cette chambre, en laissant plâner une athmosphère de sous-entendus et tout d'un coup, le rire cristallin de Marie éclata, immédiatement suivi par celui de Lucas.
Ils comprirent instentanèmment que ni l'un ni l'autre n'avait été réellement franc, Lucas était bel et bien sorti avec Elena, mais c'était avant de se rendre compte qu'ils étaient plutôt faits pour être amis, qu'amants. Marie quand à elle, expliqua qu'elle n'avait voulue que lui rendre la pareille. Elle n'était jamais réellement tombée amoureuse d'un homme. Même de Christian, dit elle, c'était plutôt une admiration aveugle ou une amourette d'enfance. Et dans un souffle elle murmura la seule personne dont elle soit réellement tombée amoureuse, c'était lui, Lucas Fersen, macho cynique et ironique, bourré de mauvaise foie et d'égo surdimmensionné, et horripilant. Merci pour les compliments, lui répondit Lucas, tout de même touchée par la déclaration, la plus forte qu'elle lui est faite. Il lui expliqua que s'il n'avait jamais parlé d'Elena c'est parce qu'elle était partie vivre aux Etats-Unis, il y a maintenant 5 ans et bien qu'ils s'étaient échangé de brefs e-mails, leur relation d'amitié n'avait pas survécu aux barrières géographiques. Il ne l'avait pas invité à Killmore car il avait complètement oublié. Ce n'est que récemment en recevant des nouvelles d'elle, qu'il s'était rappelé de son existence, avoua-t-il honteusement.

Dans un grand moment de tendresse, il enlaça Marie en sentant son parfum au creux du cou, cette odeur de mer qui ne la quittait jamais, même à Paris. Elle le regarda et se surprit à se rendre compte qu'il portait le pull bleu lavande qu'elle lui avait offert, un pull précieux à ses yeux sans qu'elle sache réellement pourquoi.

- Lucas, Marie, on aurait besoin de vous, le tournoi de belote commence et il nous manque malheureuseent deux personnes. Vous êtes des nôtres ? Leur cria Jeanne du bas de l'escalier.
Comme une petite fille, prise en faute, elle rougit, et suivie de Lucas, elle descendit les escaliers à toute vitesse.
- Ah, les jeunes mariés, la partie commence. Dépêchez vous, leur intonna Jeanne.


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MessageSujet: Re: " La Revanche de la Morgane "   Lun 5 Nov 2007 - 15:11

Chapitre [2]


La traversée avait été houleuse. Un vent fort soufflait sur le bac, empêchant le bateau d'aller plus vite. Marie et Lucas débarquèrent à Brest, après leur semaine de vacances à Ty-Kern, avec une heure de retard sur l'horaire que la compagnie des transports maritimes avait prévu. Marie avait vendu son appartement peu après son emménagement à Paris. Ils n'avaient alors plus de pied à terre où se rendre cette nuit là, en attendant de reprendre un avion, Brest-Paris, le lendemain matin.

Lucas, avec un sourire coquin, demanda à Marie :
- A ton avis, ne pourrait-on pas en profiter de cet agréable concour de circonstances, pour réserver une belle chambre dans un hôtel de Brest ?
- Effectivement, c'est une bonne idée, lui répondit Marie en prenant le même ton.

Accoudée à la balustrade de l'hôtel, Marie regardait la mer. Affublée d'un peignoir qu'elle avait trouvé sur la porte de la salle de bain de la suite, elle laissait le vent breton entrer dans ses cheveux et se sentait excitée, électrique, comme à chaque approche d'un orage. Elle ne voyait pas Lucas, resté à la porte fenêtre, qui, très simplement vêtu d'un jean, la regardait avec admiration et amour. Tout d'un coup elle sentit sa présence, mais ne bougea pas, ne cilla pas : elle voulait rester comme ça, à tout jamais, nageant dans le bonheur d'aimer et d'être aimée de la même façon. En un bref instant elle se dit que finalement l'idée de faire un enfant avec Lucas était plus qu'envisageable, mais à cette pensée une douleur sourde se répandit dans son ventre, comme un présage ou quelque chose pour la mettant en garde.
Lucas s'avança alors, sortant de sa rêverie amoureuse et enlaça Marie tout en l'embrassant tendrement dans le coup. Marie posa avec délicatesse sa main sur la tête de son mari et ils restèrent comme ça durant l'ascension du soleil dans le ciel couleur gris de la côte Léonienne.

Paris leur parut maussade à leur retour, pourtant le temps était strictement le même qu'en Bretagne, ce que Marie ne manqua pas de faire remarquer.

L'appartement qu'il avait acheté, avenue Gambetta, était douillet et chaleureux. Lorsqu'ils avaient emménagé ici, Marie avait posé son véto : il était hors de question que leur appartement ressemble à celui de Lucas, neuf, vide et froid. Elle avait passé quelques semaines à retapisser ce vieil appartement et à le décorer à sa manière. Lucas ayant beaucoup aimé celui de Marie à Brest, lui laissa le champ libre, du moins c'est ce qu'il lui dit car au fond de lui il savait que même s'il n'avait pas aimé, il n'aurait rien eu à dire, sa femme aurait protesté et il aurait cédé, comme d'habitude. Les photos accrochées au mur, par ci, par là, donnait à la pièce principale un sentiment de gaieté, de joie. Leur chambre, peinte en bleu lavande et ornée de photos professionnelles sur le thème marin à travers la Bretagne, marquait bien le goût de Marie pour sa région natale et celui de Lucas pour la tranquillité, en laissant Marie ramener la Bretagne chez eux. La bibliothèque, pièce préférée du couple, regorgeait de livres, sur des sujets bien différents, selon leur propriétaire. Lucas avait pesté contre Marie qui avait insisté sur le besoin d'amener tous ces livres de légendes celtes. Marie avait râlé contre Lucas qui avait ramené tous ces livres sur l'informatique.

Les valises furent rangées très vite, Elena Monmory, la meilleure amie de Lucas, était de passage à Paris, pendant quelques semaines, et Lucas lui avait proposé de venir manger chez eux, accompagnée bien sur, le soir même.

Marie intriguée par cette rivale potentielle, s'était parée de ses plus beaux habits, une légère robe de toile fine, bleu turquoise, qui épousait parfaitement ses formes féminines et un cache cœur marron. Elle avait relevé ses longs cheveux qui bouclaient sans cesse, au dessus de sa tête et avait souligné ses grands yeux verts d'un trait noir.
Lucas sortit de la salle de bain à ce moment là :
- Dis, moi mon amour, je ne savais pas que l'on recevait quelqu'un qui méritait que tu sortes ta panoplie complète, à part si c'est pour moi bien sur, lui dit Lucas, en l'assenant d'un coup d'oeil interrogatif.
- Je te conseille de t'habiller et vite, lui répondit Marie avec un sourire frondeur, ta chère et tendre Elena arrive dans 10 minutes et le repas n'est toujours pas fait.
- Soit, soit, j'y cours, acheva Lucas.

Il enleva sa serviette et s'habilla avec une rapidité qui déconcerta Marie, attrapant une chemise blanche et un jean au passage.
Un rien l'aurait rendu attirant et aurait fait craqué n'importe qui, pensa Marie, soudain trés fière qu'un homme comme lui, puisse l'aimer.

Dix-neuf heures sonnèrent à l'Eglise du coin, quand une sonnette retentit à la porte de l'appartement des Fersen.

- Et alors comme ça, il a tiré sur le fantôme de ta mère assassinée, alors que quelques jours auparavant, il s'était moqué de toi à cause de cette apparition ? Acheva Elena Monmory, en se tournant vers Marie qui lui lança un regard complice.

Elena Monmory était trés fidèle à la description de Lucas ; splendide, sulfureuse et sensuelle, elle dégageait quelque chose de troublant. Marie ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi son charme envoûtant n'avait pas marqué Lucas à vie. Accompagnée de Morgane et Arthur, ses jumeaux de 16 ans, elle tenait la main d'une seconde femme quand elle avait passé l'embrasure de la porte.
Aux regards que les deux femmes se lançaient et aux coups d'oeil moqueurs de Lucas, elle comprit qu'Elena et Lucas n'était pas resté longtemps ensemble, elle avait du vite comprendre qu'elle préfèrait les filles.
Isabelle Escolano, archéologue de son état, était brune aux yeux bleus, fine mais élancée. Les deux femmes avaient du plaire à beaucoup d'hommes et pourtant elles se retrouvaient à préférer les femmes.
Morgane et Arthur étaient les enfants d'Elena et d'un ancien compagnon qui s'était enfui du domicile familial quand il avait appris qu'elle voulait divorcer, car elle était tombée amoureuse d'une femme.

Morgane ressemblait à sa mère, à la différence près que Elena avait un carré aux épaules qu'elles avaient du lisser et colorer en noir. Morgane cultivait un côté sauvage et libre que ses boucles épousaient à merveille. Leurs yeux verts profonds et malicieux, avaient aussi été légués à Arthur.
Les mêmes boucles que Morgane vagabondaient sur sa tête.
Ils formaient un étrange trio; magnifique et impérial.
Isabelle précisa rapidement qu'elle avait elle aussi deux enfants, mais qui vivaient chez leur père.

Le repas, un tant soit peu râté de Lucas, plût tout de même aux convives. Une ambiance de franche camaderie s'installa autour de la table et rapidement Marie s'entendit à merveille avec Elena,Isabelle et Morgane. Arthur et Lucas, qui avaient le même type d'esprit, discutaient à l'autre bout de la table, du passé culinaire, peu glorieu, d'Elena.

Marie était subjuguée par la répartie de Morgane et sa culture. Elle l'incita à parler d'elle et de sa vie.
- Mon père était breton, c'est sans doute pourquoi on s'apelle ainsi, Arthur et moi. Maman travaille, je crois, comme consultante spécialisée des Légendes pour le compte du DCR. Mon père était archéologue et puis c'est tout ce que je sais. Maman a rencontré Isabelle quand Arthur et moi avions 5 ans. Isabelle travaillait sur un chantier de fouilles prés de l'Île Grande. Si je me souviens bien c'était à côté de Ploumanach'. Une affaire dont franchement je m'en souviens plus, mais je me rapelle qu'ils bossaient tous sur une pseudo retrouvaille d'une tombe de chevaliers sur l'Île d'Aval.
- Je vois que tu n'accordes pas beaucoup de crédibilité aux travaux d'Isabelle, dit Marie, surprise de retrouver Lucas dans ce comportement de total incompréhension de la culture bretonne.

Piquée à vif par la réponse de Marie, Morgane répliqua qu'elle adorait l'archéologie et les légendes bretonnes, mais lorsque ces deux éléments faisaient en sorte de l'éloigner de sa mère pendant 6 mois, elle les trouvait stupides.
Un silence de mort se posa sur cette étrange table ronde que Marie avait dénichée chez un charpentier de Plouescat.
Sentant qu'elle avait touché un point sensible et sans doute fait mal à Morgane, Marie s'empressa d'aller chercher le Kouign Amann qui trônait sur le buffet. Lucas regardait Morgane et ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle ressemblait fortement à Marie quand elle se mettait en colère comme ça.

Marie ferma les rideaux bleus marines et se déshabilla complètement avant de s'allonger sur le lit conjugal. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce sentiment d'abandon que Morgane avait clairement exprimé et qu'elle avait ressenti, elle aussi, adolescente, quand son père partait à la pêche aux thons pendant des mois.
Lucas s'allongea à côté d'elle sur le lit sans perdre une miette du spectacle qu'offrait le corps nu de Marie.
- Ne t'en fais pas de la réaction de Morgane, c'est une adolescente qui a beaucoup souffert de l'absence de son père et de l'homosexualité de sa mère et qui en plus a du affronter l'absence de cette dernière. A vrai dire malgré mon amitié pour Elena, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle a vraiment fait du mal à ses enfants. Quand ils étaient petits, je me souviens, elle partait sur des dossiers du DCR à l'autre bout de la France et les laissait à Marius et Louise, ses parents. J'essayais de passer les voir de temps en temps, mais bon tu connais les possibilités de mon métier, grimaça-t-il.
- Je comprends parfaitement sa réaction, lui répondit Marie en se blotissant contre lui, je sais ce que c'est de grandir en se sentant un peu seule.
- Mis à part son côté tête de pioche, Morgane eet une jeune demoiselle trés charmante, tu sais, je crois que je détestais la Bretagne à cause de leur père, qui les a lachement abandonnés pour un chantier dans le Morbihan ...
- Tu as dis détestais au passé, le coupa Marie, parce que maintenant tu l'aimes? Bizarre, je te croyait imperméable à toutes tentavives de la Bretagne pour te séduire ?
- Faut dire que depuis l'énorme cadeau qu'elle m'a fait, en me faisant te rencontrer, je pense ne plus lui en vouloirautant, acheva Lucas.

Ils se regardèrent dans les yeux, en jouant à qui les baisseraient le premier. Marie finit par perdre et pour ne pas laisser le temps à Lucas de savourer sa victoire, elle enchaîna sur les légendes bretonnes qu'avaient évoquées Elena et Morgane. Elle parla pendant un long moment des légendes arthuriennes avant d'en venir à celle qui lui tenait à coeur :
- Donc d'aprés elle, certaines légendes connues ne sont qu'un fragment de la vraie légende originelle? Tu as vu ce qu'elle a dit sur celle des Naufrageurs? Les matelots de la Marie-Morgane avaient embarqués avec eux, une sirène, une morgane, qu'ils avaient attachée à l'avant du bateau et qui était censée les empêcher de tomber sur des esprits malfaisants ?

Marie ne finit pas son débat avec Lucas, en voyant que celui ci s'était purement et simplement endormi, en l'écoutant parler des légendes.

Elle se retourna vers le réveil et remarqua qu'il était 4h du matin. Elle le tapa avec un oreiller pour se venger et se promit intérieurement de reprendre cette conversation avec lui, le lendemain matin. Elle se blottit contre lui, toujours nue, et bercée par sa respiration lente, elle s'endormit à son tour.


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MessageSujet: Re: " La Revanche de la Morgane "   Lun 5 Nov 2007 - 15:15

Chapitre [3]


Du sang coulait tout autour d'elle, elle ne savait pas ce qui se passait, elle sentait une présence, mais aussi près soit-elle, elle ne pouvait pas s'aggriper à elle pour remonter à la surface. Elle continua de tomber dans cette eau sans fond ... Les ombres s'emparaient d'elle, elle voyait un bateau, elle le sentait, il était en elle... Elle entendit alors le cri : inhumain, féminin mais en détresse ...

Marie Fersen se reveilla en sursaut, une douleur atroce lui barrait le ventre. Elle réussit tant bien que mal à se relever et regarda autour d'elle. Elle sentit venir le malaise en apercevant le sang tout autour d'elle et la feuille noyée dedans. Elle commença à partir dans un sommeil comateu. Elle fit l'effort de tendre le bras et attrapa la feuille, elle y lut ce quelques lignes :

Marie, le S.R.P.J a appelé d'urgence,
ils avaient besoin de renforts pour un get appens,
je n'ai pas réussi à te réveiller,
tu as fait une trés mauvaise nuit,
j'ai préféré te laisser dormir.
Ne m'en veux pas et ne boude pas en me rejoignant au poste.
Je t'aime
Lucas
.


La douleur était diffuse, elle sentait qu'elle allait tomber. Comme dans son rêve ...
Elle ne comprenait plus grand chose, mais elle savait qu'il lui fallait des secours. Son instinct de flic avait repris le dessus, mais sa condition de malade l'empêchait de trop réfléchir. Elle intercepta son portable et appela sur la touche 1 qui composait le dernier numéro enregistré.

Elle eu le temps de lire Morgane Monmory, avant de sombrer dans le brouillard ...

- Une ampoule d'adré et vite, passe lui un culot de O- et apportez la vite au bloc, lança Daniel Esolano, le chirurgien en charge des Urgences.

Marie se reveilla l'esprit confus, elle ne comprenait pas où elle se trouvait et fut prise d'une angoisse sourde en entrevoyant les fils qui la reliaient à une grande machine. Elle essaya de se relever mais des sangles lui barraient les avants-bras. Elle avait suffisamment regardé "Private Practice" et "Grey's Anatomy", pour reconnaitre le son distinct du bipeur qui mesurait son rythme cardiaque.

Elle fut prise de panique, se retrouvant dans ce lieu inconnu, et commença à pleurer quand la porte s'ouvrit à la volée.
- Marie, nom de Dieu, que s'est-il passé ? Demanda Lucas, le teint blème, Elena m'a appelé, Morgane avait reçu un appel provenant de ton portable et elle n'entendait rien, elle a eu peur, elles ont foncé à la maison en m'appelant au passage !
- Je sais pas, je sais plus, je me souviens du sang et de ce rêve ... Répondit Marie, évasive.
- Mais quel rêve ? Demanda Lucas en prenant sa mimique habituelle de totale incompréhension.

Daniel Escolano, grand, brun, le cheveu en bataille, les yeux verts malicieux, avait revêtu son masque des mauvais jours pour expliquez au couple devant lui, leur situation.

- Madame, ... Fersen lut-il sur le papier médical qu'il tenait dans les mains, je suis vraiment désolé, vous venez de faire une mauvaise couche, vous étiez enceinte de 18 jours.

Un silence de mort se posa sur la pièce, à cette annonce, Marie, les yeux rougis par la mauvaise nuit qu'elle avait passé, et Lucas abasourdis par cette découverte qu'il n'avait pas prévu, se regardèrent un instant, lisant la douleur dans les yeux de l'autre, avant de détoruner leurs regards.

Daniel Escolano s'en alla, consterné qu'une si mauvaise chose puisse arriver à une femme et un homme si adorable.

- Lucas, commença Marie dans un souffle ; Désolée, je suis vraiment désolée, acheva-t-elle, avant de se mettre à pleurer.

Il ne fallut pas longtemps à Lucas, pour déterminer que l'enfant en question avait été conçu à Killmore et que la question de paternité, se posait. Complètement déboussolé par les évènements douloureux irlandais qu'il avait tenté de noyer et que l'annonce de la grossesse de Marie faisait resurgir, il se rapprocha de sa femme et d'un ton apaisant lui expliqua qu'elle ne devait pas s'en vouloir, que cela n'était pas de sa faute, qu'une mauvaise couche arrivait à beaucoup de femmes.

- Lucas, le coupa Marie, tu ne comprends pas ou tu fais comme si tu ne comprenais pas, mais cet enfant il pouvait être ... de lui, acheva Marie, qui avait finit par se décider à l'appeler ainsi. Pourtant, je ne voulais pas, je ne sais plus, je suis perdue ...
- Marie, la question de paternité biologique n'est pas réellement importante, nous le savons tous les deux. Que cet enfant soit biologiquement de moi ou d'un autre, ce n'est pas grave : on l'aurait élevé ensemble, tous les deux et cela aurait été mon enfant, enfin si tu l'avais accepté, ajouta tout d'un coup Lucas, en sentant l'anxiété le gagner.

Marie mit mal à l'aise Lucas, pour la première fois de sa vie, il se demanda si réellement elle avait envisagé d'avoir un enfant avec lui, ce qui pour lui était une preuve d'amour intense de la part de sa femme. Il se détourna pour masquer ses émotions visiblement trop fortes pour lui. Marie remarqua le brusque changement de comportement de son mari et fut prise d'un sentiment de culpabilité énorme.

- Je suis vraiment désolée, je n'aurais pas du, Lucas je ne l'aimais pas! Mais enfin, mais tu ne comprends rien, tu crois que c'était facile pour moi! Tu changeais d'humeur ...
- Marie, la coupa Lucas, je ne changeais pas d'humeur, ce n'était pas la même personne ! C'est hallucinant tout de même, tu n'as même pas reconnu que ce n'était pas moi ! Ce salaud, il était jamais sorti de sa camisole et tu as réussi à nous confondre! Tiens c'est beau l'amour entre jeunes mariés ! Et puis comme par enchantement, tu es partie te réfugier chez Surcouf et ne me dit pas aussi que Surcouf et moi tu nous confonds, parce que là je serais vraiment blessé, acheva Lucas en claquant la porte de la chambre d'hôpital.

Marie fatiguée par sa fausse couche et boulversée par la réaction de Lucas, se mit à réfléchir aux évènements de Killmore, pour la première fois depuis cette affaire.
Lucas ..., Axel ..., elle revoyait leurs corps nus à tous les deux, les moments d'intimité qu'elle avait pu avoir avec chacun d'eux et ne comprenait pas comment elle avait pu ne pas se poser des questions.
Elle revoyait la cicatrice de Lucas sur sa hanche, ses fossettes sur le bas du ventre, la plupart des emplacements de ses grains de beauté qu'elle connaissait par coeur, les traces que les étés laissaient sur sa peau ... Elle comprenait la détresse de Lucas, si l'aventure lui était arrivée à elle, elle aurait été horrifiée d'apprendre que Lucas ne l'avait pas reconnue.
Elle était en train de se rappeler les bons moments passés avec Lucas, leurs engeulades masquées, leurs enquêtes; lorsque l'on toqua à la porte.
Persuadée que c'était Lucas, elle employa un ton qui se voulait neutre pour ne pas montrer qu'il l'avait chamboulée. Elle savait qu'elle arriverait à renouer le dialogue avec lui si elle le faisait rire. Elle répondit qu'elle était là.

Morgane suivit d'Elena Monmory, apparurent à l'embrasure de la porte.

Marie n'arriva pas à masquer sa déception de ne pas voir Lucas à la porte. Elena, pour éviter de créer un malaise, expliqua qu'elle avait croisé Lucas, dans le couloir, qui leur avait indiqué la porte. Elles ne tenaient surtout pas à gêner qui que ce soit, mais elles voulaient prendre des nouvelles tout de même. Marie fut touchée par le ton simple et chaleureux d'Elena et les embrassa tendrement. Elle se mit ensuite à discuter avec Elena, en omettant de parler de la fausse couche.
- Non, disons que j'ai surement du manger quelque chose de moyennement bon hier soir, ce qui parait logique étant donné que c'est Lucas qui cuisinait, expliqua Marie à Morgane.
- Finalement, avec ton coup de téléphone, Marie, maman aura compris l'importance de dormir avec son portable, à l'autre bout de la chambre bien sur, mais à portée d'oreille ! Fit remarquer Morgane à sa mère, d'un ton narquois.

Elle laissa les deux femmes discuter de leurs expériences culinaires et s'en alla dans le couloir où Lucas, accablé, était assis sur un banc. Morgane s'avança doucement et s'assit à côté de Lucas. Elle ne saisissait pas bien les sous-entendus échangés entre sa mère et Marie, mais son intuition lui soufflait que Marie avait fait quelque chose de mal.

Lucas releva les yeux. Il détestait pleurer. Et encore plus quand il savait que quelqu'un d'autre le voyait. Il regarda Morgane fixement comme si il voulait l'hypnotiser, afin de rayer de la mémoire de la jeune fille, ce qu'elle venait de voir. Morgane éclata de rire, devant la tête concentrée de Lucas avant de lui confier qu'elle n'avait rien vu. Cette phrase rappela quelque chose à Lucas. Quelque chose qu'il avait vécu avec Marie et qui lui faisait mal en y repensant. Il se décida à arrêter de s'apitoyer sur lui même, se releva et parcouru des yeux la salle d'attente. Il vit défiler une ribambelle de médecins, tous plus affairés les uns que les autres.

Un, pourtant, marqua son esprit. Son visage lui faisait penser à quelqu'un, mais il manquait quelque chose d'essentiel à ce dernier pour que Lucas le reconnaisse. Leurs regards se rencontrèrent durant une fraction de seconde et Lucas fut alors intimement convaincu qu'il connaissait cet homme. Mais l'esprit embrouillé par sa dispute avec Marie, il n'arriva pas à remettre un nom sur le visage de ce visage.


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MessageSujet: Re: " La Revanche de la Morgane "   Lun 5 Nov 2007 - 15:16

Chapitre 4


Du sang coulait tout autour d'elle, elle ne savait pas ce qui se passait, elle sentait une présence, mais aussi près soit-elle, elle ne pouvait pas s'aggriper à elle pour remonter à la surface. Elle continua de tomber dans cette eau sans fond ... Les ombres s'emparaient d'elle, elle voyait un bateau, elle le sentait, il était en elle ... Elle entendit alors le cri : inhumain, féminin mais en détresse ...

Marie Fersen se reveilla en sursaut, une douleur atroce lui barrait le ventre. Elle réussit tant bien que mal à se relever et regarda autour d'elle. Elle sentit venir le malaise en apercevant le sang tout autour d'elle et la feuille noyée dedans. Elle commença à partir dans un sommeil comateu. Elle fit l'effort de tendre le bras et attrapa la feuille, elle y lut ce quelques lignes :

Marie, le S.R.P.J a appelé d'urgence,
ils avaient besoin de renforts pour un get appens,
je n'ai pas réussi à te réveiller,
tu as fait une trés mauvaise nuit,
j'ai préféré te laisser dormir.
Ne m'en veux pas et ne boude pas en me rejoignant au poste.
Je t'aime
Lucas
.


La douleur était diffuse, elle sentait qu'elle allait tomber. Comme dans son rêve ...
Elle ne comprenait plus grand chose, mais elle savait qu'il lui fallait des secours. Son instinct de flic avait repris le dessus, mais sa condition de malade l'empêchait de trop réfléchir. Elle intercepta son portable et appela sur la touche 1 qui composait le dernier numéro enregistré.

Elle eu le temps de lire Morgane Monmory, avant de sombrer dans le brouillard ...

- Une ampoule d'adré et vite, passe lui un culot de O- et apportez la vite au bloc, lança Daniel Esolano, le chirurgien en charge des Urgences.

Marie se reveilla l'esprit confus, elle ne comprenait pas où elle se trouvait et fut prise d'une angoisse sourde en entrevoyant les fils qui la reliaient à une grande machine. Elle essaya de se relever mais des sangles lui barraient les avants-bras. Elle avait suffisamment regardé "Private Practice" et "Grey's Anatomy", pour reconnaitre le son distinct du bipeur qui mesurait son rythme cardiaque.

Elle fut prise de panique, se retrouvant dans ce lieu inconnu, et commença à pleurer quand la porte s'ouvrit à la volée.
- Marie, nom de Dieu, que s'est-il passé ? Demanda Lucas, le teint blème, Elena m'a appelé, Morgane avait reçu un appel provenant de ton portable et elle n'entendait rien, elle a eu peur, elles ont foncé à la maison en m'appelant au passage !
- Je sais pas, je sais plus, je me souviens du sang et de ce rêve ... Répondit Marie, évasive.
- Mais quel rêve ? Demanda Lucas en prenant sa mimique habituelle de totale incompréhension.

Daniel Escolano, grand, brun, le cheveu en bataille, les yeux verts malicieux, avait revêtu son masque des mauvais jours pour expliquez au couple devant lui, leur situation.

- Madame, ... Fersen lut-il sur le papier médical qu'il tenait dans les mains, je suis vraiment désolé, vous venez de faire une mauvaise couche, vous étiez enceinte de 18 jours.

Un silence de mort se posa sur la pièce, à cette annonce, Marie, les yeux rougis par la mauvaise nuit qu'elle avait passé, et Lucas abasourdis par cette découverte qu'il n'avait pas prévu, se regardèrent un instant, lisant la douleur dans les yeux de l'autre, avant de détoruner leurs regards.

Daniel Escolano s'en alla, consterné qu'une si mauvaise chose puisse arriver à une femme et un homme si adorable.

- Lucas, commença Marie dans un souffle ; Désolée, je suis vraiment désolée, acheva-t-elle, avant de se mettre à pleurer.

Il ne fallut pas longtemps à Lucas, pour déterminer que l'enfant en question avait été conçu à Killmore et que la question de paternité, se posait. Complètement déboussolé par les évènements douloureux irlandais qu'il avait tenté de noyer et que l'annonce de la grossesse de Marie faisait resurgir, il se rapprocha de sa femme et d'un ton apaisant lui expliqua qu'elle ne devait pas s'en vouloir, que cela n'était pas de sa faute, qu'une mauvaise couche arrivait à beaucoup de femmes.

- Lucas, le coupa Marie, tu ne comprends pas ou tu fais comme si tu ne comprenais pas, mais cet enfant il pouvait être ... de lui, acheva Marie, qui avait finit par se décider à l'appeler ainsi. Pourtant, je ne voulais pas, je ne sais plus, je suis perdue ...
- Marie, la question de paternité biologique n'est pas réellement importante, nous le savons tous les deux. Que cet enfant soit biologiquement de moi ou d'un autre, ce n'est pas grave : on l'aurait élevé ensemble, tous les deux et cela aurait été mon enfant, enfin si tu l'avais accepté, ajouta tout d'un coup Lucas, en sentant l'anxiété le gagner.

Marie mit mal à l'aise Lucas, pour la première fois de sa vie, il se demanda si réellement elle avait envisagé d'avoir un enfant avec lui, ce qui pour lui était une preuve d'amour intense de la part de sa femme. Il se détourna pour masquer ses émotions visiblement trop fortes pour lui. Marie remarqua le brusque changement de comportement de son mari et fut prise d'un sentiment de culpabilité énorme.

- Je suis vraiment désolée, je n'aurais pas du, Lucas je ne l'aimais pas! Mais enfin, mais tu ne comprends rien, tu crois que c'était facile pour moi! Tu changeais d'humeur ...
- Marie, la coupa Lucas, je ne changeais pas d'humeur, ce n'était pas la même personne! C'est hallucinant tout de même, tu n'as même pas reconnu que ce n'était pas moi! Ce salaud, il était jamais sorti de sa camisole et tu as réussi à nous confondre! Tiens c'est beau l'amour entre jeunes mariés! Et puis comme par enchantement, tu es partie te réfugier chez Surcouf et ne me dit pas aussi que Surcouf et moi tu nous confonds, parce que là je serais vraiment blessé, acheva Lucas en claquant la porte de la chambre d'hôpital.

Marie fatiguée par sa fausse couche et boulversée par la réaction de Lucas, se mit à réfléchir aux évènements de Killmore, pour la première fois depuis cette affaire.
Lucas ..., Axel ..., elle revoyait leurs corps nus à tous les deux, les moments d'intimité qu'elle avait pu avoir avec chacun d'eux et ne comprenait pas comment elle avait pu ne pas se poser des questions.
Elle revoyait la cicatrice de Lucas sur sa hanche, ses fossettes sur le bas du ventre, la plupart des emplacements de ses grains de beauté qu'elle connaissait par coeur, les traces que les étés laissaient sur sa peau... Elle comprenait la détresse de Lucas, si l'aventure lui était arrivée à elle, elle aurait été horrifiée d'apprendre que Lucas ne l'avait pas reconnue.
Elle était en train de se rappeler les bons moments passés avec Lucas, leurs engeulades masquées, leurs enquêtes; lorsque l'on toqua à la porte.
Persuadée que c'était Lucas, elle employa un ton qui se voulait neutre pour ne pas montrer qu'il l'avait chamboulée. Elle savait qu'elle arriverait à renouer le dialogue avec lui si elle le faisait rire. Elle répondit qu'elle était là.

Morgane suivit d'Elena Monmory, apparurent à l'embrasure de la porte.

Marie n'arriva pas à masquer sa déception de ne pas voir Lucas à la porte. Elena, pour éviter de créer un malaise, expliqua qu'elle avait croisé Lucas, dans le couloir, qui leur avait indiqué la porte. Elles ne tenaient surtout pas à gêner qui que ce soit, mais elles voulaient prendre des nouvelles tout de même. Marie fut touchée par le ton simple et chaleureux d'Elena et les embrassa tendrement. Elle se mit ensuite à discuter avec Elena, en omettant de parler de la fausse couche.
- Non, disons que j'ai surement du manger quelque chose de moyennement bon hier soir, ce qui parait logique étant donné que c'est Lucas qui cuisinait, expliqua Marie à Morgane.
- Finalement, avec ton coup de téléphone, Marie, maman aura compris l'importance de dormir avec son portable, à l'autre bout de la chambre bien sur, mais à portée d'oreille ! Fit remarquer Morgane à sa mère, d'un ton narquois.

Elle laissa les deux femmes discuter de leurs expériences culinaires et s'en alla dans le couloir où Lucas, accablé, était assis sur un banc. Morgane s'avança doucement et s'assit à côté de Lucas. Elle ne saisissait pas bien les sous-entendus échangés entre sa mère et Marie, mais son intuition lui soufflait que Marie avait fait quelque chose de mal.

Lucas releva les yeux. Il détestait pleurer. Et encore plus quand il savait que quelqu'un d'autre le voyait. Il regarda Morgane fixement comme si il voulait l'hypnotiser, afin de rayer de la mémoire de la jeune fille, ce qu'elle venait de voir. Morgane éclata de rire, devant la tête concentrée de Lucas avant de lui confier qu'elle n'avait rien vu. Cette phrase rappela quelque chose à Lucas. Quelque chose qu'il avait vécu avec Marie et qui lui faisait mal en y repensant. Il se décida à arrêter de s'apitoyer sur lui même, se releva et parcouru des yeux la salle d'attente. Il vit défiler une ribambelle de médecins, tous plus affairés les uns que les autres.

Un, pourtant, marqua son esprit. Son visage lui faisait penser à quelqu'un, mais il manquait quelque chose d'essentiel à ce dernier pour que Lucas le reconnaisse. Leurs regards se rencontrèrent durant une fraction de seconde et Lucas fut alors intimement convaincu qu'il connaissait cet homme. Mais l'esprit embrouillé par sa dispute avec Marie, il n'arriva pas à remettre un nom sur le visage de ce visage.


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MessageSujet: Re: " La Revanche de la Morgane "   Lun 5 Nov 2007 - 15:17

[ Chapitre 5 ]


Le cadavre ne portait aucunes traces visibles de coups, de contusions, d'hématomes et de brûlures.
Pourtant, il était bel et bien mort, selon les conclusions du médecin-légiste. Lucas ne pouvait détacher son regard du cadavre, l'homme était pourtant un individu du commun des mortels. Ses cheveux blonds étaient pratiquement tous gris, ou alors s'en approchaient fortement. Ses yeux, devenus vitreux, avait une jolie teinte bleue. Il avait du être un sacré beau mec, mais là en l'occurrence il n'était en position de le prouver.

Son costume de pirate, son cadavre posé sur un dessin à la craie, représentant un bateau, ne laissait pas longtemps planer le doute, qu'il était la figure de proue du bateau. Etait dessiné juste à côté, un homme, attaché au mât, tel Ulysse, dans l'Odyssée.

- Morgan Lerec, docker de Brest à la retraite, 49 ans, domicilié ici même, informa Louis Clerc, le capitaine de police judiciaire que Lucas avait demandé en renfort.
Les paroles de Morgane, lui revinrent en mémoire :
"La figure de proue chargée de les protéger,
mais bien plus souvent tuée par le Dieu de la Mer,
mécontent de cet intrus,
s'appelait Morgane, Morgan plutôt, en breton ancien.
"


La mise en scène ne laissait aucune autre explication possible, la figure de proue, tuée, était l'homme devant lui qui s'appelait Morgan.

Lucas ne comprenait pas comment les paroles de la jeune fille lui revenaient en mémoire à un moment pareil. Marie se serait moquée de lui, si elle avait été là ... Lucas se mordit la langue en se rappelant soudainement que penser à Marie était désormais interdit, surtout au boulot.
Il parcourut la pièce, les yeux rivés sur les murs. Il avait l'impression que la pièce avait un message à délivrer. Ce n'était pas de la magie, pensa-t-il pour se rassurer, juste une habitude du boulot qui voulait que tout est toujours un sens caché.
Soudain un hurlement retentit. Lucas et Louis se précipitèrent dans les escaliers et déboulèrent en trombe dans la salle à manger où la jeune lieutenante en stage, les yeux affolés, montrait du doigt le mur recouvert de pierre où de fines gouttes de sang perlaient par les rainures.
-Le mur, il saigne ! Arriva-t-elle à articuler

Marie déboula en trombe dans l'unique bureau du dernier étage de la PJ St Martin, où une jeune
délinquante attendait son sermon. Elle ne put s'empêcher de pester contre Lucas qui devait être en train d'élucider un mystérieux et excitant meurtre et elle se retrouvait obligée d'expliquer pour la énième fois à une jeune fille d'à peine une douzaine d'années, que voler à l'étalage était quelque chose de mal. A son habitude, la jeune fille répondant au nom de Mathilde se braqua et vociféra des insultes des plus recherchées et se mit à menacer Marie de vengeances terribles si celle ci ne la libérait pas. Dépassée par la violence de la fille, Marie appela Olivier qui se chargea volontiers de la mettre en cellule en attendant la venue de la grand-mère, tutrice officielle.

Marie s'assit sur la chaise accolée au mur de la prison et se mit songer à la meilleure façon de se voir chargée d'une bonne affaire. Elle finit par conclure qu'il fallait qu'elle se réconcilie avec son supérieur hiérarchique, en l'occurrence, Lucas. Elle devait lui demander de mettre de côté leur différent de couple, pour redevenir une équipe au boulot. Ragaillardie par cette soudaine décision, elle alla voir Olivier, en liaison avec Louis qui se trouvait à la morgue.
- Alors apparemment le cadavre n'a subi aucune violence de toutes sortes. Mais explique-moi, tout de même de quoi il est mort sinon je vais finir par devenir fou ... Poison, violent ? Ah, effectivement aucune chance que le mort porte physiquement les traces de sa mort. Le patron va constituer une équipe afin d'enquêter ? Demande lui à ce que j'y suis ...
-Moi aussi, le coupa Marie avec rapidité, dit à Lucas que Marie veut être sur le coup.
- Ouais et demande à ce que sa charmante femme soit aussi désignée, sinon il va y avoir un second meurtre. Allez à tout de suite.

La patrouille revint vite au poste. Lucas annonça les circonstances provisoires du meurtre et évita soigneusement de croiser le regard de sa femme quand il énonça que du mur, coulait du sang, après avoir choisir ses mots avec précaution.
- Commandant, vous voulez dire que le mur saigne ?
Crétin, songea Lucas, en évitant soigneusement de croiser le regard goguenard de sa femme, à demi-appuyée sur la porte de la salle, seule femme à être appelée à commander une équipe de lieutenants.

- Donc, très cher commandant Fersen, nous nous trouvons face à un phénomène mystérieux, ici, à Paris, ville de la rationalité ?
- Absolument pas, capitaine Fersen, ceci n'est qu'une mise en scène. Le diabolique tueur a du entendre parler d'une enquête que nous avons résolue en tandem et s'est dit que faire saigner le mur, donnerait du chou gras aux journalistes et nous appellerait à enquêter une nouvelle fois ensemble.
- Notre diabolique et machiavélique tueur est alors assez intelligent pour savoir que je ne serais appelée à enquêter si tu ne m'en donnes la permission.

Elle se posta face à Lucas et lui annonça avec un air de défi que puisque le soi-disant meurtrier calculateur avait décidé qu'elle devait enquêter, il en serait ainsi. Lucas sourit du ton ordonnateur de sa femme et d'un ton railleur, lui expliqua qu'il lui adjoindrait un commandant pour superviser l'enquête ainsi qu'un spécialiste du DCR et finit par lui demander de se constituer une équipe.
- Très bien, Amélie, Claire et ...
- Ah non, pas tes pintades de copines, la coupa brusquement Lucas, je préfère encore t'adjoindre mes officiers les plus dragueurs.
- Au revoir Commandant, ma partie de l'équipe sera prête et j'espère qu'il en sera de même pour vous.

En claquant la porte, elle quitta le poste pour rejoindre la maison louée par les Monmory pendant leur séjour à Paris, où elle espérait pouvoir parler à Morgane. L'histoire de la figure de proue l'intriguait. Bizarrement Lucas pouvait avoir raison, tout était mis en scène afin de leur rappeler l'enquête à Ty-Kern. Le tueur, elle devait sans doute plus ou moins le connaître. Un brusque pressentiment la saisit et sans s'en rendre compte elle demanda à voix haute, en plein Paris, que surtout Ryan ne se mêle de rien.

Morgane, installée sur la table de la cuisine, finissait de corriger les exercices de maths de son frère. Marie sonna à la porte et Morgane la fit entrer prestement.
- Tiens, tu vas mieux, on dirait !
- J'ai même repris le boulot, acheva Marie en gratifiant Morgane d'un clin d'oeil.
Marie expliqua longuement l'affaire et les circonstances de la découverte du corps. Morgane l'écouta attentivement, bien que comprenant pas où voulait en venir le capitaine de police. A l'annonce de la conclusion de Lucas, la mine scrutatrice de Morgane se défit et elle comprit pourquoi Marie venait la voir.
- Donc, en résumant, il y a quelqu'un de totalement sain d'esprit, qui s'amuse à tuer des gens, afin, d'une certaine façon, de vous réconcilier toi et Lucas. Il aurait du être votre témoin, railla la jeune fille. Non mais sérieusement, vous pensez réellement que quelqu'un serait capable de tuer pour vous aider dans votre couple ?
- Justement je connais une personne capable de faire cela pour moi.
- Tu as vraiment des amis totalement sympathiques.
- Non, je parlais de mon père ; Patrick Ryan, enfin mon père biologique.

Morgane resta interloquée suite à la déclaration de Marie. Elle savait pourtant que Ryan était le père biologique de Marie et que dans le passé il avait effectué des actes prouvant son amour immense pour elle. Mais Morgane n'en revenait pas que Marie puisse penser que quelqu'un serait capable d'atrocités, telles que tuer, afin de rabibocher un couple. Pour changer de sujet, Morgane questionna Marie au sujet de Lucas. Marie se ferma alors comme une huitre.
- De toutes façons, il prendra tout à contrario de moi, grommela Marie.
- Dis pas ça, Lucas a énormément de défauts, mais je sais qu'il t'aime. Tu sais quoi qu'il est pu se passer entre vous deux, je ne juge absolument pas, mais dis toi que toi et Lucas vous êtes et serez de ceux qui restent unis pour la vie. Si j'avais eu le choix, j'aurais préféré avoir Lucas pour père que ce ...

Marie regarda gravement Morgane et se rendit compte de l'absurdité de sa dispute avec Lucas, comparé aux souffrances perpétuelles d'Arthur et Morgane. Elle se dit qu'elle avait eu une brève aventure avec Axel, qu'elle avait plus ou moins aimé, mais que pour rien au monde elle échangerait Lucas avec un autre. Il fallait qu'elle lui explique clairement ses sentiments infinis pour lui, il fallait qu'elle arrive à stopper la souffrance de Lucas avant qu'il ne soit trop tard.
Elle sortit d'un pas rapide de la maison, couvée par le regard turquoize de Morgane qui se félicitait du comportement de Marie.

En chemin pour son appartement, elle reçut un coup de téléphone de Louis lui anonçant qu'elle devait aller voir l'ex-femme de Morgan, pour lui annoncer le drame. Elle détestait ce genre de situation. Elle se souvenait de la douleur qu'elle avait ressentie lorsque Lucas lui avait annoncé la mort de Nikola.

Ambre Lerec habitait dans une jolie villa à la sortie de Paris. Âgée d'une quarantaine d'années seulement, elle était accompagnée de Lola et Mathéo les deux enfants qu'elle avait eu avec Morgan. Marie sut qu'en plus de détruire Ambre, elle allait détruire les deux adorables bambins et se sentit encore plus mal.
- Mme Lerec ? Escusez moi de vous déranger, je suis Marie Fersen, Capitaine du SRPJ de Paris. Pouvez-vous me laisser entrer ?

Le salon était spacieux. Elle s'assit précautionneusement sur le fauteuil réservé aux invités et se tourna vers Ambre qui ne l'avait pas quitté des yeux depuis son entrée.
- Je suis sincèrement désolée, votre ex-mari Morgan Lerec, a été retrouvé mort ce matin chez lui.
- Papa ?
Le nom si affectueux, prononcé avec tant de candeur, fit craqueler le coeur de Marie en mille morceaux. Lola Lerec, âgée tout juste de 7 ans, regardait Marie comme si elle était une Parques, destinée à maîtriser le fil de la vie de son père. Marie détourna les yeux et en sentant ses oreilles bourdonner, elle baissa les yeux. Ambre Lerec lui demanda un instant et amena Lola et Mathéo dans leur chambre respective.

- Il est mort, mais comment ? Demanda Ambre, d'une voix angoissée.
- Empoisonné, apparement d'aprés les premières constatations du médecin légiste. Votre mari avait-il quoi que ce soit à avoir avec les légendes celtes ?
- Nous venons tout juste d'arriver à Paris. Nous habitions à Brest, en Bretagne. Mais pourquoi cette question ?
- Apparement il a été assassiné. Une mise en scène a été montée autour de lui. D'aprés nos premières constatations, il s'agirait de la légende de la figure de proue ; la Morgane.
- Oh, mon Dieu, fit Ambre Lerec en prenant son visage entre ses mains, assassiné, mais pourquoi ?
- C'est ce que nous allons chercher à savoir, connaissiez vous des ennemis à Morgan ? D'ailleurs depuis quand êtes-vous divorcés, exactement ?
- Depuis maintenant 1 ans, cela a été la raison de notre départ. Nous avons divorcé pour des raisons toutes simples qui arrivent à beaucoup de couples actuels. Nous avons soigneusement veillé à ce que Lola et Mathéo soient épargnés. Je suis donc venu m'installer avec les enfants ici, afin de me rapprocher de ma mère. Il nous a rejoint, il y a 6 mois, il ne supportait pas de voir les enfants seulement pendant les vacances. Alors il s'est trouvé un logement proche d'ici et nous avons pu établi une garde alternée. C'était un homme génial, un père extraordinaire, jamais il n'a eu d'ennui que quelques sortes qu'il soit.
- Merci, madame Lerec, je vais vous laisser. Je vous remet une carte de visite avec les coordonnées d'une psychotérapeuthe pour Lola et Mathéo. Si vous avez besoin, je vous donne aussi, l'adresse de mon psychologue, acheva Marie avec un clin d'oeil.

Les premières règles apprises à l'école de Police étaient de mettre en confiance la famille des victimes et de s'assurer qu'elels resteront sous un bon contrôle.
Elle sortit de la maison, émue par la détresse des enfants et n'en fut que plus déterminée de se réconcilier avec Lucas.


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MessageSujet: Re: " La Revanche de la Morgane "   Lun 5 Nov 2007 - 15:19

[ Chapitre 6 ]


Elle regagna sa voiture toute neuve, couleur vert pomme, et s'en alla chercher le dossier. Le lieutenant du bureau lui appris que l'enquête lui avait été attribuée. Bien évidemment elle faisait tandem avec un commandant, mais Lucas avait eu la délicatesse de se mettre sur l'affaire. Elle n'aimait pas particulièrement les autres commandants, machos et racistes, mis à part Olivier et lui. Il avait aussi choisi une vieille spécialiste du DCR, connue pour sa grande expérience : Audrey Guénaie. Marie se souvenait que quand elle avait commencé à enquêter avec lui, à Ty-Kern, elle avait l'impressions qu'il sortait de l'Ecole du DCR, tout fier de ses théories inscrites dans les livres qu'il prônait comme modèle.

Le dossier Morgan Lerec avait été déposé par le Commandant Fersen pour la Capitaine Fersen, ce midi, lui informa l'archiviste. Il contenait le rapport du décès, les premières et dernières constatations du médecin-légiste et toutes les informations nécessaires pour résoudre l'enquête.

Elle resta longtemps absorbée par le dossier, a essayé de trouver des raisons à la mise en scène. De la même façon que Lucas, le matin, elle se surpris à se souvenir des paroles de Morgane. Cela lui faisait peur. Depuis toute petite, les légendes peuplaient son imaginaire, elle eut l'impression pour la troisième fois de recommencer une enquête toujours sur le même thème. Elle se changea les esprit en reportant son attention sur l'analyse de sang de Morgan et remarqua qu'il avait été empoisonné par du cyanure. Elle connaissait bien le fonctionnement de ce poison, cela avait été son option à l'école de police. Les cellules nécessitent de l'ATP pour fonctionner, en ingérant du cyanure on empêche cette activité cellulaire qui est à la base du fonctionnement du corps humain et ainsi on provoque la mort. Ce qui l'intrigua fut le nom du type de cyanure : glycoside cyanogène. Elle l'avait déjà croisé quelque part, mais ne savait plus où.

Absorbée par le test des toxines, elle ne remarqua pas que Lucas s'était arrêté à la porte du bureau de Marie et la regardait en souriant.
- La seule et l'unique qui soit capable de rester au boulot plus de temps que moi, dit-il soudain en faisant sursauter Marie, tu comptes rester ici cette nuit ou pas ? Je rentre à l'appartement, je prépare un dîner pour deux ou un repas solitaire ?
- Je finis ça et je te rejoins, lui répondit Marie toujours absorbée par le nom, dis, tu connais toi, les glycosides cyanogènes ? Ca me dit quelque chose, mais impossible de me souvenir.
- Montre-moi ça !
Il s'approcha d'elle, lui prit le papier des mains et lut attentivement la feuille.
- Non, aucune idée, mais attends, j'ai mon ordinateur portable.
- J'oublie toujours le mien, surtout que ce matin j'étais pressée et je pensais à autre chose.
Lucas regarda fixement Marie, d'un regard indéfinissable puis ouvrit son ordinateur portable qu'il alluma et connecta à internet.
- Faudrait songer à amener la Wi-Fi ici, le réseau est affreux, on va attendre au moins une heure.
- Tape bien le mot, non, attends, je vais le faire.
Marie poussa Lucas et tapa glycoside cyanogène, rapidement comme si il s'agissait d'un mot du langage commun. L'ordinateur ne tarda aps à cracher ses réponses. Marie sélectionna le site lui paraissant le plus sur et juste :
" Dans les plantes,
les cyanures sont normalement liés à des molécules de sucre
sous la forme de glycosides cyanogènes
et servent aux plantes comme défense contre les herbivores.
Les racines du manioc
ou encore les graines de lin contiennent des glucosides cyanogènes et, souvent, il faut les traiter avant la consommation
(en général par ébullition prolongée).
Les noyaux de fruits, comme les cerises et les abricots,
contiennent souvent des cyanures ou des glycosides cyanogènes.
Les pépins de pomme en contiennent également.
Les amandes amères dont on fait de l'huile d'amande
contiennent aussi un glycoside cyanogène, l'amygdaline.
L'ingestion de 50 amandes amères peut causer la mort d'un homme.
"





Marie et Lucas se regardèrent, graves, et pensant à la même chose, ils conclurent que Morgan Lerec avait été empoisonné avec des fruits, des fruits que l'on peut trouver n'importe où.

Malgré l'heure tardive, ils n'hésitèrent pas une seconde à commencer à échafauder des hypothèses. Mués par ce sentiment d'être un binôme exemplaire dans leur boulot, ils oublièrent d'être un couple, un couple avec des problèmes et redevinrent en l'espace de quelques minutes, des co-équipiers.
- A ton avis; mort accidentelle ou programmée ou bien homicide involontaire, meurtre avec préméditation ou de sang froid ?
- Joli programme, répondit Lucas à Marie, bien qu'à mon avis ce soit beaucoup plus compliqué. La mise en scène est forcément programmée, personne n'a de telles idées de génie sans y avoir pensé auparavant...
-Génie ? Le coupa Marie, outragée, comment peux-tu parler de génie pour un crime aussi odieux ?
- Un génie, n'est pas forcément quelqu'un qui a une intelligence hors du commun et qui l'utilise à des fins humanitaires, cela s'applique aussi aux gens dits anormaux, parce qu'ils ne rentrent pas dans les cases de la société. Il y a beaucoup de mots utilisés abusivement dans notre jolie langue française. Tiens, prends le mot pervers et arrête de me regarder avec ce sourire là, justement un pervers n'est pas celui qui adore le sexe, mais c'est quelqu'un qui aime que les autres souffrent. Les toubibs te diront qu'il jouit du malheur des autres.

Leur discussion fusionnelle se prolongea toute la nuit et lorsque l'église sonna les douze coups fatidiques de minuit, la magie opérant dans ce vaste commissariat désert, retomba en un instant, obligeant chacun des deux policiers à rentrer sans un mot au même endroit qui n'attendaient qu'eux.
Le repas, pris sur le pouce, fut morne, alors que Lucas et Marie étaient de bons vivants adorant bien manger. Ils s'installèrent à chacune des extrémités du grand canapé d'angle et toujours sans un mot, ils écoutèrent les informations télévisées, que le satellite permettait de ne jamais manquer. Le téléphone sonna et Lucas fut le premier à l'atteindre :
- Allo ? Papa ? Oui et toi ? Non, ici tout va bien, ta belle-fille aussi, ainsi que tes deux enquêteurs préférés. Demain soir ? Bon c'est à dire que en raison d'une nouvelle enquête, je en sais pas si nous serons là. Bon trés bien je te rappelle demain midi. Oui Papa, bonne nuit, je t'aime aussi.

Marie se leva et s'en s'asseyant sur la grande table, elle questionna Lucas sur l'appel.
- Dis moi pourquoi Marc nous appelle à une heure aussi tardive ? Il est tout de même une heure du matin, normalement nous sommes censés dormir.
- Bonne question, il devait avoir quelque chose d'autre à dire, je le sentais réticent à raccrocher.
- Tu te mets à la psychologie, remarque c'est bien un domaine où tu as besoin d'apprendre.
- Cela sous-entend quoi, que ma psychologie est trés mauvaise ?
- Bonne nuit Lucas, on fait comment pour dormir, répondit Marie, afin de ne pas laisser éclater sa mauvaise foix.

Un blanc se posa sur la table ronde et Lucas regarda Marie comme si elle venait de proférer une insulte, il grommela qu'il dormirait dans la chambre d'amis. Se rendant soudain compte de la question qu'elle venait de poser et surtout du ton léger qu'elle avait employé pour cela, elle rougit violemment et s'en alla dans la salle de bain.

Le sommeil avait finit par se poser sur le deux individus de l'appartement, lorsque le cauchemar arriva :
Du sang perlait tout autour d'elle, mais elle n'était pas réellement exposée, une sorte de bulle l'envellopait, elle arrivait tout juste à sentir le danger, mais elle se sentait protégée. L'image s'en alla laissant place à l'autre cauchemar, celui qu'elle connaissait par coeur et qui se caractérisait par une vague de sang ....

Elle hurla Lucas, puis plus rien, elle sombra dans une abîme sans fond où tout ce qu'elle désirait, c'était de s'accrocher à ces deux mains qui tentait de l'attraper ...

Sa tête heurta le bas de la table de chevet et ainsi la sortit du cauchemar où elle était enfermée. En essayant tant bien que mal de reprendre son souffle, elle se leva et inspirant profondément, elle rechercha l'origine des deux mais tendues vers elle. Les deux mains de son cauchemar, si réalistes. Elle sentit son cœur se morfondre quand, après avoir fouillé les alentours du regard, elle ne décela aucune trace de Lucas. Elle remonta sur son lit, tira les couvertures sur sa tête, comme elle faisait à 10 ans, lorsqu'elle avait de la peine. Les larmes dévalèrent ses joues rebondies et furent interrompues par la sonnerie de son portable. Elle émergea de sa montagne de draps et attrapa son portable, jamais bien loin.
- Allo ?
- Marie, c'est Morgane.
- Morgane, mais pourquoi m'appelles-tu aussi tôt ?
- Aussi tôt ? Mais il est tout de même midi, grosse fainéante !
- Ah bon ? Demanda Marie dubitative, en regardant son réveil qui, étrangement n'avait pas changé d'heure depuis le moment où elle s'était réveillée.
- Bon écoute, j'ai réfléchis à votre énigme et je pense avoir une idée sur la question, tu préfères venir ou tu veux que je passe ?
- J'arrive dans dix minutes !
- Très bien, la concierge de la maison de location prend sa pause dans une heure, alors tâche d'être là avant !

Marie raccrocha le combiné et sentit son cœur se regonfler en réalisant que si Lucas n'était pas là pour la sortir de son cauchemar, c'est parce qu'il était déjà parti au poste. Elle allait prendre une douche, lorsque son téléphone sonna à nouveau :
- Capitaine Marie Fersen ?
- Elle-même, à qui ai-je l'honneur ?
- M. Allende, lieutenant en chef de la Brigade du Commandant Lucas Fersen.
- Et ?
- Il vous demande, un second cadavre vient d'être découvert.


Dernière édition par le Ven 4 Jan 2008 - 18:01, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: " La Revanche de la Morgane "   Mar 4 Déc 2007 - 20:49

[ Chapitre 7 ]




Le cadavre était dans un sal état. Les longs cheveux blonds et bouclées de la jeune et jolie femme étaient étalés sur son visage figé. Recroquevillée sur elle-même, mini-jupe et débardeur échancré, elle paraissait si jeune. Lucas Fersen s'approcha doucement de la jeune femme. Elle devait avoir au bas mot 20 ans, peut être 25 mais guère plus. Il tourna lentement une mèche de ses cheveux. De si jolis cheveux, pensait-il, il avait toujours était attirée par les femmes aux cheveux bouclées; ses parents en riaient et disaient que c'était normal, puisque qui se ressemble, s'assemble. Il fut intimement touché par la détresse que l'on voyait nettement sur le visage de la femme. Il se retourna et regarda Louis Clerc et Paolo Allende qui attendait son premier diagnostic :
- Beaucoup de traces d'hématomes et de contusions. Du sang séché aux commissures des lèvres. Vos conclusions ?
- Agression ? Se risqua Paolo Allende.
- Y a-t-il des traces de violences sexuelles, questionna Louis Clerc

Lucas Fersen sourit en observant la mine peu réjouie de ses deux renforts. Depuis qu'il avait obtenu son poste de Commandant Général du S.R.P.J de Paris, il était devenu le grand patron.
- Si vous observez avec attention la tenue vestimentaire de cette jeune fille, son physique, la pâleur de son visage, l'expression de souffrance de ses yeux et enfin si vous vous hasardez à observez ses bras, dit-il joignant le geste à la parole, découvrant des traces de multiples piqures, vous vous trouvez face à deux choix : prostituée, droguée et morte d'une overdose ou bien Morgane, les bracelets indiquent toujours des choses précieuses, a été battue à mort par un de ses clients, puis son assassin l'a achevé avec une overdose de drogue. Mais dans tous les cas cela n'explique pas la mise en scène affreuse autour d'elle.

Les poubelles avaient été soigneusement reculées contre le mur du hangar et dessiné à la craie, s'étendait un bateau. A la différence du bateau de Morgan Lerec, ce lui de Morgane était dessiné entouré de flammes. De flammes réelles.

Marie Fersen courait rejoindre sa voiture, lorsque Morgane déboula hors d'haleine dans le hall de l'immeuble.
- Je t'accompagne.
- Mais de quoi parles-tu, demanda Marie à Morgane.
- Lucas t'a appelé, ce qui signifie qu'un nouveau cadavre vient d'être découvert, non ?
- Et peut-on savoir comment sais-tu que Lucas vient de m'appeler ?
- Elémentaire Capitaine Fersen, Marie est avant Morgane dans l'alphabet et un simple Capitaine délégué par le Commandant Général se trompe assez souvent et ainsi laisse un message sur mon portable au lieu du tien.
-
Rien de bien sorcier, en fait, conclut Marie, saute dans la voiture, tu seras ma jeune stagiaire pour la journée.
- Merci parraine.
Cela fit tout chaud au cœur de Marie; se faire appeler parraine, elle ne l'avait plus entendu depuis le temps où son Nico l'appelait comme ça. Elle fit un énorme sourire à Morgane, qui la regarda avec incompréhension.
- Et ta mère ? Et Arthur ?
- Arthur est à l'athlétisme, maman lui a trouvé un club qui le reçoit durant son séjour en France. Et elle, .... je pense qu'elle doit être à la Préfecture pour régler ce pourquoi elle est là.
- Bien, vu l'heure, tu mangeras à la maison ce soir, préviens ta mère.
- Elle s'en moque complètement, répondit Morgane en se renfrognant, ce soir elle est invitée à un repas à la Préfecture et dans tous les cas je me retrouvais toute seule.
La conversation fut coupée nette.
- Et peut-on savoir ce qu'un cadavre a de si attirant pour que tu accoures toute essoufflée afin d'espérer venir avec moi ? Je te préviens, je crois que c'est une fille en plus, finit par dire Marie, pour dérider la conversation
- La même chose qui te pousse à y aller. A mon âge, finit par dire Morgane en se retournant et en plantant son regard vert dans celui tout aussi vert de Marie, si tu avais eu l'occasion d'en découvrir plus sur ton métier, tu n'aurais pas fais comme moi ?
- Si évidemment, pen kaled.
- Ya, répondit Morgane en surprenant Marie, je te rappelle que je suis à moitié bretonne.

La voiture s'éloigna rapidement du parking et poussée par la conductrice, elle gagna le hangar en un temps record.

Lucas entendit avant de voir Marie et Morgane arriver. Il aurait reconnu entre mille, cette voix têtue qui se voulait énervée. Il s'approcha des deux femmes :
- Peux tu m'expliquer ce que tu fais ici, Morgane ? Demanda Lucas à Marie plus qu'à Morgane.
- Ma tendre et parfaite Marie m'a gentiment proposé de venir, non je rigole, répondit Morgane devant l'air dubitatif de Lucas, je me suis disons imposée.
- Et tu l'as laissé faire ? Ironisa Lucas à Marie, je te croyais plus tenace.
- Je n'étais pas totalement contre qu'elle vienne non plus...
- Parce que la vision d'un cadavre auréolé de feu est un spectacle particulièrement divertissant et distrayant pour une gamine de 16 ans ? La coupa Lucas, dans tous les cas, j'appelle Elena pour lui raconter les frasques de sa fille et lui demandez sa permission à elle.
- Là il a perdu, chuchota en rigolant Morgane à Marie, qu'il essaie de la joindre, son portable est resté à la maison.

Lucas s'éloignait pour appeler Elena, lorsque devant l'assistance des 20 policiers, techniciens de la police scientifique et de Morgane et Marie, la jeune femme morte prit feu à son tour. Et écrite avec un sceau, le mot VENGEANCE s'étalant sur sa poitrine, dégageant des volutes de fumée.

Les voitures de police furent réquisitionnées, Lucas pianota sur son portable pour appeler le médecin légiste et ses adjoints. Il hurla, comme à son habitude, dans le combiné et se mit à aboyer sur ses adjoints, ne sachant pas très bien discerner la cause exacte de sa colère. Marie qui avait l'air de se moquer royalement de leur couple où la scène assez mystique, qui indiquait à Lucas que les tours de passe-passe et les venues de fantômes et de légendes n'étaient pas terminés.

Il s'approcha de la jeune fille en essayant de réfléchir au côté pragmatique de la chose. Le sceau s'était enflammé, sans aucune cause naturelle ou logique. Il détestait ne pas comprendre. Il regarda attentivement le décolleté de la jeune fille, lui enleva les vêtements et examina le sceau.

Marie, prit dans le tourbillon de l'action, le rejoint suivit de près par Morgane qui essayait tant bien que mal de ne pas rire devant le côté comique de la situation. Grande amatrice de récit d'aventures légendaires en tout genre, elle avait curieusement l'impression de se retrouver prise dans une sorte de film où le paranormal fleurtait avec la réalité, décontenançant les enquêteurs qui finissaient par abdiquer devant les montagnes de trucages. Elle se retourna et regarda d'un œil inquisiteur les techniciens de la police scientifique qui s'activaient autour du médecin légiste.

Marie sondait Lucas du regard. Elle reconnaissait parfaitement chacune des moues de son jeune mari. Le froncement des sourcils, cette façon si particulière de tordre sa bouche en moue de petit garçon boudeur, le plissement de ses yeux pétillants; il essayait tant bien que mal de comprendre quelque chose tout en attendant la réponse du juge d'instruction lui permettant d'ouvrir officiellement une enquête. A sa mine réjouie, elle comprit que la réponse était affirmative et il commença alors à s'activer, à remuer la fine couche de poussière, muni précautionneusement de ses gants en latex pour éviter d'effacer des empreintes. Morgane finit par le rejoindre :
- Dite, ce n'est pas incongru que le sceau prenne feu, c'est même logique si on en croit le pouvoir de la fée Morgane.
Marie et Lucas relevèrent la tête en même temps, se heurtant se plein fouet. Mais la surprise prenant le dessus sur la douleur, d'un même élan, ils se regardèrent et interrogèrent Morgane :
- Tu veux dire que tu y vois une quelconque raison à …, demanda Lucas en premier.
Mais il fut coupé par Marie :
- Mais de quoi parles-tu ?
Les deux policiers se regardèrent et d'un même regard inquisiteur, ils dardèrent Morgane.
- Non, je ne suis pas devin, juste logique. Dans les légendes arthuriennes et dans toutes les autres où apparaît Morgane, celle-ci est décrite comme une guérisseuse qui manient habilement plantes, drogues et autres stratagèmes de guérison ou au contraire … d'empoisonnement …, acheva Morgane en ménageant son effet; elle n'avait pas l'habitude d'avoir un auditoire aussi attentif.
Marie fut soudain saisie et posa son regard brillant d'intelligence sur Morgane :
- La Dame d'Avalon excellait dans l'astrologie et la divination, mais ses pouvoirs de guérisseuse, de sorcière même de magicienne dépassent de loin ceux de toutes autres fées.
- De ce fait ce n'est pas totalement illogique que des tours de magie apparaisse et des meurtres par empoisonnement, répondit Morgane au regard questionnant de Lucas.

Devant les connaissances de Marie et Morgane, Lucas se sentit perdu. Il fit appel à toute la mémoire qu'il possédait et le seul souvenir fugace était celui d'un cours de physique où le phénomène de Fata Morgana était expliqué de manière rationnelle. Il savait que s'il en parlait, il réveillerait le caractère légendaire de sa femme et préféra se taire en faisant mine d'être vaguement intéressé par les échanges de deux femmes.

- Vous avez donc affaire à un gros méchant qui tue selon les légendes autour de Morgane. C'est classe comme même. Et vous avez de la chance que je connaisse autant de légendes sur mon prénom acheva-t-elle.
Marie rit de l'aplomb de l'adolescente et la regarda avec tendresse. La partie n'allaita pas être simple pour lui faire comprendre le côté dangereux et beaucoup moins intellectuel et excitant de la chose.
Elle se retourna et demanda d'un ton très professionnel à Paolo et Louis, les adjoints de son mari, d'envoyer un échantillon de chaque composant du hangar à la PS et demanda sur le même ton au médecin légiste de faire le travail pour hier. Devant le regard aussi affirmatif de Lucas, ils capitulèrent et obéirent à la femme du patron.

Marie dit alors à Lucas qu'elle se chargeait de ramener Morgane chez Elena. Lucas lui répondit qu'elle le rejoigne ensuite au poste, il allait appeler Audrey Guenaie, la spécialiste du DCR mise à disposition. Chacun de leur côté, ils partirent vaquer à leur missions, toutes aussi différentes fut-ce telles.
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MessageSujet: Re: " La Revanche de la Morgane "   Mar 29 Jan 2008 - 20:52

[ Chapitre 8 ]






Morgane surveillait avec attention la route et réfléchissait en même temps aux quelques bribes d'éléments qu'elle avait saisi. Son esprit avait photographiait le cadavre de son homonyme de la même manière que son nez avait enregistré l'odeur assez forte, se dégageant du cadavre. Elle revoyait le corps et se disait qu'un détail clochait, mais elle ne saisissait pas lequel. Elle tourna la tête vers Marie qui scrutait attentivement le bord de la l'autoroute, la nuit arrivait et il faisait entre chien et loup. :
- Pourquoi Lucas est aussi affirmatif sur l'assassinat de la jeune fille ?
- Parce que c'est son boulot, ma puce, lui répondit Marie. Il a une énorme expérience de terrain et de morts naturelles et provoquées. Il est capable de sentir réellement ce qui s'est passé au moment du décès. C'est assez énervant, j'avoue, mais si il pense qu'elle a été tuée et les premières constatations du légiste ne prouvent pas l'inverse, son avis est sans aucun doute, le bon.
- Mais c'est tout de même bizarre, en voyant le cadavre, je n'ai pas eu l'impression qu'elle avait souffert au moment de mourir. J'aurais plutôt dit qu'on lisait de l'anxiété, du stress et un appel au secours.
-Elle appelait surement au secours quand son meurtrier l'a empoigné violemment pour la droguer, répondit Marie, aux grands yeux intéressés de Morgane.

Elle répondait aux questions de Morgane sur le premier cadavre, quand elle remarqua qu'elle dévoilait un dossier confidentiel à une inconnue des services de la PJ. Puis en regardant le visage brillant d'excitation de l'adolescente, qui lui expliquait de manière cartésienne, les principales causes de mort par overdose, elle eut une impression d'intimité immense avec Morgane. Pourtant quelques jours auparavant, elle n'en avait jamais entendu parler et là, elle se mettait à l'apprécier, énormément, assez bizarrement aux vues du peu de temps de connaissance. Elle fut interrompue dans ses réflexions par la demande incongrue de Morgane :
- Amène, moi, s'il te plait, au poste avec toi. Il n'y a personne à la maison et puis je suis sure que je vous aiderais comme personne, acheva-t-elle avec un clin d'œil.
Marie, muée par un sentiment protecteur, répliqua :
- Hors de question, il est bien assez tôt pour que tu retournes chez toi, et puis à 16 ans, ne me dis pas que tu flippes de rester seule chez toi.
En prenant sa mine la plus enfantine possible, Morgane darda son regard innocent sur Marie :
- Si, justement, les gens tués s'appellent Morgane et jusqu'à preuve du contraire, c'est mon prénom, aussi. Alors, il se pourrait que le tueur décide de s'attaquer.
Décidée à ne pas se laisser attendrir, Marie répliqua :
- Dans ce cas là, j'appelle ta mère et je lui fais un topo, en lui demandant de rentrer pour s'occuper de toi
Elles n'eurent pas le temps de délibérer davantage, le portable de Marie, sonna. Elle empoigna vivement son oreillette et répondit, agacée d'être dérangée pendant qu'elle essayait de se dégager des bouchons du périphérique.
- Marie Ker…Fersen, j'écoute ?
- Va falloir songer à te faire répéter tous les soirs, le splendide patronyme que tu portes, tu as encore du mal avec tes automatismes.
- Lucas ? Il y a une urgence, parce que tes charmants parisiens refusent d'avancer en coopération et de me laisser passer pour ramener Morgane dans la villa des Monmory.
- Pas grave, ramène la au poste, j'aurais besoin d'elle, Audrey Guenaie vient d'arriver et vue l'âge canonique qu'elle a et la toux affreuse et caverneuse qu'elle se paie, les heures nous sont comptées. Alors, fais comme tous les flics de pacotille, obéissant à leur supérieur hiérarchique et ramène toi au poste, gyrophare branché. A de suite, tendre Marie Kermeur, qui s'adapte décidemment difficilement à son changement d'identité, acheva Lucas d'un ton assez agressif, assez abattu de voir que Marie n'avait toujours pas assimilé son nouveau nom de famille.
Il s'en voulut, immédiatement, portable raccroché, il ne savait pas l'effet que cela faisait. Il s'imagina cinq secondes, si Marie avait voulu que les deux s'appellent Fersen-Kermeur.

Il sourit cependant, en entendant, 15 minutes plus tard, la sirène tonitruante d'une voiture de police. Il avait cru qu'en lui répondant qu'elle était une honnête policière, Marie allait au contraire laissait passer la moitié des crétins qui utilisaient leur voiture à Paris pour faire 500m.
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" La Revanche de la Morgane "

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