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| | | [FanFic'] La Revanche de La Morgane [1] | |
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| Auteur | Message |
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Date d'inscription: 01/01/1970
 | Sujet: [FanFic'] La Revanche de La Morgane [1] Mer 29 Aoû 2007 - 13:33 | |
| Chapitre [1] L'hélicoptère fendait les airs tel un faucon. La pluie arriva et le vent se mit à souffler. Marie qui avait fini par s'endormir dans les bras de Lucas, se réveilla en sursaut. Un rêve étrange l'avait saisie, un cavalier galopant seul sur une plage. Elle releva son menton boudeur et regarda Lucas qui avait lui aussi, succombé aux bras de Morphé. Elle ne put s'empêcher de penser à lui, petit garçon, ce Quentin qui avait rencontré Mary. Les 2 risettes qui lui creusaient ses joues et ses mèches rebelles l'amusaient. Elle l'embrassa tendrement et passa sa main dans ses cheveux que l'air salin lui avait bouclés. Elle crut apercevoir un soulagement presque inaudible sur les lèvres de son mari. Elle comprenait la douleur qu'il pouvait avoir. Elle repensait à son enquête à Ty-Kern,à la torpeur qui l'avait saisi à la fin et qu'elle avait noyée dans les bras réconfortants de son amant et dans les dossiers qui s'éparpillaient sur son bureau au SRPJ. Il avait été là pour elle, maintenant c'était à son tour d'être là pour lui.
Lucas finit par se réveiller lorsque l'hélicoptère traversa une petite zone de turbulences au dessus de Tintagel. Il sourit à Marie qui continuait de lui caresser tendrement les cheveux. Il l'embrassa au creux du cou et lui murmura qu'il l'aimait vraiment trés fort et que malgrè les évènements récents, son amour pour elle n'avait pas failli. D'un accord que l'on aurait pu jugé tacite entre eux, aucuns des deux ne se risqua à parler d'Axel et surtout de la période que ce dernier avait passé avec Marie. Scrutant les alentours, Lucas finit par faire remarquer à Marie que Tintagel devait avoir des origines celtes. En lui dédiant son plus beau sourire ironique, il lui montra le baromètre accroché au tableau de bord et lui dit que le temps était le même qu'en Bretagne et qu'en Irlande. Elle se mit à rire ne sachant pas trés bien si c'était à cause de la boutade faible de Lucas ou de la joie de le voir redevenir lui même.
L'hélicoptère se posa en douceur sur la plate-forme de la base aéronautique navale de Lann-Bihoué. En serrant la main de Lucas dans la sienne, Marie descendit les escaliers et se dirigea vers la salle d'Arrivée. Elle fut agréablement surprise de trouver là devant elle, Jeanne & Milic Kermeur; ses parents. " - Oh, ma grande fille, j'ai eu si peur ! dit Jeanne à Marie avec une expression d'effroi intense sur le visage. - Mais, maman, comment ... commença Marie mais elle fut interrompu par Milic : - Comment, nous le savons ? A ton avis ? La télé a retranscrit toute l'histoire d'un bout à l'autre aux infos. Par Gwidyon, malgrè ce que tu penses, tu es notre fille et quand tu es en danger nous le sentons aussi fort que si nous t'avions conçu. continua celui-ci."
Marie comme poussée par une force invisible, qu'on aurait pu apparenter à l'amour tout simplement, se jeta dans les bras grands ouverts de son père et pour la première fois depuis toute cette enquête se mit à pleurer à chaudes larmes de petite fille. Lucas embarrasé par la souffrance de sa femme et par l'intimité crée par les 3 bretons s'en alla chercher les bagages, mais il fut vite rejoint par Jeanne, qui sans un mot le prit dans ses bras et l'embrassa tout en le remerciant : " - Trugarez, trugarez evit Mari ! dit celle ci, qui lorsque les émotions étaient trop fortes, parlait breton. " Lucas ne sachant pas trés bien comment réagir, devant cette élan soudain de tendresse, se contenta de tapoter sur le dos de Jeanne sans rien dire. Marie regardait ce spectacle, et à travers ses larmes, un éclair de joie fusa dans ses yeux lorsqu'elle vit l'embarras de son mari. Elle se détacha de son père, prit Lucas par la main et alla chercher ses bagages. Lucas la regarda avec un air de totale incompréhension qui fit rigoler Marie.
L'air frais de Ty-Kern, malgré la saison estivale, chassait les rares passants courageux du port. Le bac gronda quand il arriva au port et la famille Kermeur-Fersen, seuls passagers, débarqua. " - Nous voilà de retour en hiver, ironisa Lucas, et dire que nous sommes en plein été ! Maugréa t-il. " Les bagages à peine déposés sur le vieux lit de Marie, la confirmation qu'ils allaient être seuls dans la maison, aprés avoir apercus Jeanne qui s'en allaient avec Milic cherchait à manger pour leurs "aventuriers", de l'autre côté de l'Île, les fit basculer sur le lit et d'un accord tacite, leurs bouches se trouvèrent et des kyrielles de sensations, restées enfermées depuis trop de temps, re-apparurent.
Le soleil était descendu bien bas dans le ciel, lorsque en sueur les amants se détachèrent, encore haletants, Lucas regarda Marie avec cet air coquin qu'elle affectionnait tant : " - Je ne savais pas que l'air marin saisonier de Ty-Kern, te donnait autant d'énergie, si j'avais su on aurait passer notre nuit de noces ici ! - Bah, il te nuit pas non plus, cet air là ! lui répondit Marie avec un clin d'oeil. - Rien ne me nuit, enfin pas grand chose acheva Lucas en voyant sa femme prête à le taquiner ! "
**
Le dîner, bien que trés breton, plût à Lucas qui commençait à se rendre compte qu'il y avait pire que d'être le gendre d'une bretonne. Il admirait la faculté de Jeanne de restait solide comme un roc malgré les événements qu'elle avaient du affronter, partiellement changés par les médias. Il regarda autour de lui et son instinct de flic, lui fit remarquer que la pièce avait changer, Jeanne et Milic avait sans doute du redécorrer la maison aprés les drames de Ty-Kern. Par ci, par là il appercevait des photos de Marie, à tout âge. Il affectionnait particulièrement celle ou on voyait Marie qui ne devait pas dépasser les 16 ans, affublée d'une chemise à rayures sans doute prêtée par Loïk ou Gildas et de bottes jaunes en train de rire. Il se promit intérieurement de demander à Jeanne de la lui prêter pour qu'il la copie.
Les quelques jours qu'ils passèrent à Ty-Kern, leur permirent de se retrouver, de redevenir une unité, de passer l'éponge temporairement sur les épreuves. Ils ne faisaient rien, ce qui représentaient quelque chose à leurs yeux, habitués à courir toute la journée. Ils téléphonèrent à la DCR, qui compte tenu des évènements, compris leurs besoins d'être un peu éloignés de tout. A la grande surprise de Marie, celle ci se rendit compte qu'elle n'avait pas encore fait le deuil des évènements de Ty-Kern. Souvent la nuit elle se réveillait et des souvenirs troubles, mais présents apparaissaient. Lucas quand à lui, bien que touché profondément par ce qui s'était passé, continua d'aller vers de l'avant comme il se plaisait à dire. Ils discutèrent de leur avenir : ils voulaient partir de Paris, peut être aller dans le Sud, en Provence proposa un soir Marie : " - Au moins, là-bas on aura ni la pollution parisienne, ni le charmant et agréable temps breton, lui fit remarquer Lucas. - J'ai une amie avec qui j'ai usé les bancs de la fac' qui est parti là-bas avec son fiancé de l'époque. Depuis le temps je n'ai aucune nouvelle, mais Loïk qui était trés ami avec son fiancé en recevait de temps en temps, lui répondit Marie en sentant se serrer son coeur à l'évocation de on frère. - Ou sinon, tu sais, ma meilleure amie : Elena, aprés sa mutation est partie plutôt dans le sud ouest vers Toulouse, dit soudain Lucas en souriant dans le vague. - Ta meilleure amie ? Demanda Marie d'un ton qui se voulait anodin bien que la jalousie pointait dans la question. "
Lucas, amusé par la soudaine réaction de sa femme à l'égard d'une autre femme proche de Lucas, fit exprés de se murer dans le silence tout en souriant à l'évocation de cette Elena. Marie mordant à l'hameçon et emportée par son caractère breton, lui demanda avec une pointe d'irritation si cette Elena était jolie. Trés, trés belle lui répondit Lucas, blonde vénitienne mais plus foncée que toi, de grands yeux turquoise et puis un corps d'athlète, elle adorait l'athlétisme. Voyant Marie sur le point de lui répondre vertement, il continua dans la plaisanterie, en lui racontant qu'il était sortie avec pendant un an. Marie comprenant soudain le comportement de son époux, baissa d'un ton et lui répondit que ce n'était qu'une conquête de fac', elle aussi en avait eu vraiment pleins et sur le ton de la plaisanterie, elle lui raconta que c'était l'époque où elle se cherchait encore et elle avait besoin de se sentir vraiment aimée, et pour cela elle cumulait les conquêtes.
Le silence si gênant se posa sur cette chambre, en laissant plâner une athmosphère de sous-entendus et tout d'un coup, le rire cristallin de Marie éclata immédiatement suivi par celui de Lucas. Ils comprirent instentanèmment que ni l'un ni l'autre n'avait été réellement franc, Lucas était bel et bien sorti avec Elena, mais c'était avant de se rendre compte qu'ils étaient plutôt faits pour être amis, qu'amants. Marie quand à elle, elle expliqua qu'avec sa tête d'adolescente dans la fleur de l'âge, elle avait essuyé beaucoup de refus. Elle n'était jamais réellement tombée amoureuse d'un homme. Même de Christian, dit elle, c'était plutôt une admiration aveugle ou une amourette d'enfance. Et dans un souffle elle murmura la seule personne dont elle soit réellement tombée amoureuse, c'était lui, Lucas Fersen, macho cynique et ironique, bourré de mauvaise foie et d'égo surdimmensionné, et horripilant. Merci pour les compliments, lui répondit Lucas, tout de même touchée par la déclaration, la plus forte qu'elle lui est faite.
Et dans un grand moment de tendresse, il l'enlaça et en sentant son parfum au creux du cou, cette odeur de mer qui ne la quittait jamais, même à Paris. Elle le regarda et se surprit à se rendre compte qu'il portait le pull bleu lavande qu'elle lui avait offert, un pull précieux à ses yeux sans qu'elle sache réellement pourquoi.
" - Lucas, Marie, on aurait besoin de vous, le tournoi de belote commence et il nous manque malheureuseent deux personnes. Vous êtes des nôtres ? Leur cria Jeanne du bas de l'escalier. " Comme une petite fille, prise en faute, elle rougit et, suivi de Lucas, elle descendit les escaliers à toute vitesse. " - Ah, les jeunes mariés, la partie commence. Dépêchez vous vite, leur intonna Jeanne. "J'ai remanié ma FanFic' sur quelques passages, je vOus la remet ici, pOur que vOus puissiez la lire. Le Chapitre [2], pOst suivant.
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 | Sujet: Re: [FanFic'] La Revanche de La Morgane [1] Mer 29 Aoû 2007 - 13:39 | |
| Chapitre [2]La traversée avait été houleuse. Un vent fort soufflait sur le bac, empêchant le bateau d'aller plus vite. Marie & Lucas débarquèrent à Brest, après leur semaine de vacances à Ty-Kern. Marie ayant vendu son appartement peu après son emménagement à Paris; ils n'avaient pas de pied à terre où se rendre cette nuit là, en attendant de reprendre un avion, Brest-Paris, le lendemain.
Lucas, avec un sourire coquin, demanda à Marie : " - A ton avis, ne pourrait-on pas en profiter, de ce concours de circonstances, pour réserver une belle chambre dans un bel hôtel de Brest? - Effectivement, c'est une idée, lui répondit Marie en prenant le même ton."
Accoudée à la balustrade de l'hôtel, Marie regardait la mer. Affublée d'un peignoir qu'elle avait trouvé sur la porte de la salle de bain de la suite, elle laissait le vent breton entrer dans ses cheveux et se sentait excitée, électrique, comme à chaque approche d'un orage, depuis sa tendre enfance. Elle ne voyait pas Lucas, restait à la porte fenêtre, qui, très simplement vêtu d'un jean, la regardait avec admiration et amour. Tout d'un coup elle sentit sa présence, mais ne bougea pas, ne cilla pas : elle voulait rester comme ça, à tout jamais, nageant dans le bonheur d'aimer et d'être aimée de la même façon. En un bref instant elle se dit que finalement l'idée de faire un enfant avec Lucas était plus qu'envisageable, mais à cette pensée une douleur sourde se répandit dans son ventre, comme un présage ou quelque chose pour la mettre en garde. Lucas s'avança alors, sortant de sa rêverie amoureuse et enlaça Marie tout en l'embrassant tendrement dans le coup. Marie posa avec délicatesse sa main sur la tête de son mari et ils restèrent comme ça durant l'ascension du soleil dans le ciel gris de la côte Léonienne.
Paris, leur parut maussade à leur retour, pourtant le temps était strictement le même qu'en Bretagne, ce que Marie ne manqua pas de faire remarquer à Lucas pour le faire bisquer.
L'appartement qu'il avait acheté, avenue Gambetta, était douillet et chaleureux. Lorsqu'ils avaient emménagé ici, Marie avait posé son veto : il était hors de question que leur appartement ressemble à celui de Lucas, neuf, vide et froid. Elle avait passé quelques semaines à retapisser ce vieil appartement et à le décorer à sa manière. Lucas ayant beaucoup aimé celui de Marie à Brest, lui laissa le champ libre, du moins c'est ce qu'il lui dit car au fond de lui il savait que même s'il n'avait pas aimé, il n'aurait rien eu à dire, le charmant caractère de sa femme comme il se plaisait à dire. Les photos accrochées au mur par ci par là, donnait à la pièce principale un sentiment de gaieté, de joie. Leur chambre, peinte en bleu lavande et ornée de photos professionnelles sur le thème marin à travers la Bretagne, marquait bien le goût de Marie pour sa région natale et celui de Lucas pour la tranquillité, en laissant Marie ramener la Bretagne chez eux. La bibliothèque, pièce préférée du couple, regorgeait de livres sur des sujets bien différents selon leur propriétaire. Lucas avait pesté contre Marie qui avait insisté sur le besoin d'amener tous ces livres de légendes celtes. Marie avait râlé contre Lucas qui avait ramené tous ces livres sur l'informatique.
Les valises furent rangées très vite, Elena Monmory, la meilleure amie de Lucas, était de passage à Paris au sujet d'une enquête et Lucas lui avait proposé de venir manger chez eux, accompagnée bien sur, le soir même.
Marie intriguée par cette rivale potentielle, s'était parée de ses plus beaux habits, une légère robe de toile fine bleu turquoise qui épousait parfaitement ses formes féminines et un cache cœur marron. Elle avait relevé ses longs cheveux qui bouclaient sans cesse au dessus de sa tête et avait souligné ses grands yeux verts d'un trait noir. Lucas sortit de la salle de bain à ce moment là : " - Dis, moi mon amour, je ne savais pas que l'on recevait quelqu'un qui méritait que tu te pares aussi jolimment, à part si c'est pour moi bien sur, lui dit Lucas en achevant par un clin d'oeil. - Je te conseille, de t'habiller et vite, lui répondit Marie avec un sourire frondeur, ta chère et tendre Elena arrive dans 10 minutes et le repas n'est toujours pas finit. - Soit, soit je m'inclines, acheva Lucas.
Il enleva sa serviette et s'habilla avec une rapidité qui déconcerta Marie, attrapant une chemise blanche et un jean au passage. Un rien l'aurait rendu attirant et aurait fait craqué n'importe qui pensa Marie, soudain trés fière qu'un homme comme lui puisse l'aimer, elle, la sauvageonne bretonne.
Dix-neuf heures sonnèrent à l'Eglise du coin, quand une sonnette retentit à la porte de l'appartement des Fersen.
**
"- Et alors comme ça, il a tiré sur le fantôme de ta mère assassinée, alors que quelques jours auparavant, il s'était moqué de toi à cause de cette apparition ? Acheva Elena Monmory, en se tournant vers Marie qui lui lança un regard complice.
Elena Monmory était trés fidèle à la description de Lucas ; splendide, sulfureuse et sensuelle, elle dégageait quelque chose de troublant. Marie ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi son charme envoûtant n'avait pas marqué Lucas à vie. Accompagnée de Morgane et Arthur, ses jumeaux de 16 ans, elle tenait la main d'une seconde femme quand elle avait passé l'embrasure de la porte. Aux regards que les deux femmes se lançaient et aux coups d'oeil moqueurs que Lucas lui lançait, elle comprit que Elena et Lucas n'était pas resté longtemps ensemble, elle avait du vite comprendre qu'elle préfèrait les filles. Isabelle Escolano, archéologue de son état, était brune aux yeux bleus, fine mais élancée. Les deux femmes avaient du plaire à beaucoup d'hommes et pourtant elles se retrouvaient à préférer les femmes. Morgane et Arthur étaient les enfants d'Elena et d'un ancien compagnon qui s'était enfui du domicile familial quand il avait appris qu'elle voulait divorcer, car elle était tombée amoureuse d'une femme.
Morgane ressemblait à sa mère, à la différence près que Elena avait un carré aux épaules qu'elles avaient du lisser et colorer en noir. Morgane cultivait un côté sauvage et libre que ses boucles épousaient à merveille. Leurs yeux verts profonds et malicieux avaient aussi été légués au frère jumeau de Morgane ; Arthur. Les mêmes boucles que Morgane vagabondaient sur sa tête. Ils formaient un étrange trio, magnifique et impérial. Isabelle précisa rapidement que elle avait elle aussi deux enfants mais qui vivaient chez leur père.
Le repas un tant soit peu râté de Lucas plût tout de même aux convives. Une ambiance de franche camaderie s'installa autour de la table et rapidement Marie s'entendit à merveille avec Elena & Isabelle. Arthur et Lucas qui avaient le même type d'esprit, discutaient à l'autre bout de la table, du passé culinaire, peu glorieu d'Elena.
Marie était subjuguée par la répartie de Morgane et sa culture. Elle l'incita à parler de ce qu'elle pouvait savoir sur les légendes bretonnes.
" - D'aprés Maman, mon père était breton, c'est sans doute pourquoi on s'apelle ainsi, Arthur et moi. Elle travaille, je crois, comme consultante spécialisée des Légendes pour le compte du DCR. Mon père était archéologue et puis c'est tout ce que je sais. Maman a rencontré Isabelle quand on avait 5 ans Arthur et moi. Isabelle travaillait sur un chantier de fouilles prés de l'Île Grande. Euh, si je me souviens biens c'est à côté de Ploumanach'. Une affaire dont franchement je m'en souviens plus, mais je me rapelle que ils bossaient tous sur une pseudo retrouvaille d'une tombe de chevaliers sur l'Île d'Aval. - Je vois que tu n'accordes pas beaucoup de crédibilité aux travaux d'Isabelle, dit Marie, surprise de retrouver Lucas dans ce comportement de total imcompréhension de la culture bretonne. "
Piquée à vif par la réponse de Marie, Morgane répliqua qu'elle adorait l'archéologie et les légendes bretonnes, mais lorsque ces deux éléments faisaient en sorte de l'éloigner de sa mère pendant 6 mois, elle les trouvait stupides. Un silence de mort se posa sur cette étrange table ronde que Marie avait dénichée chez un charpentier de Plouescat. Sentant qu'elle avait touché un point sensible et sans doute fait mal à Morgane, Marie s'empressa d'aller chercher le Kouign Amann qui trônait sur le buffet. Lucas regardait Morgane et ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle ressemblait fortement à Marie quand elle se mettait en colère comme ça.
Marie ferma les rideaux bleus marines et se déshabilla complètement avant de s'allonger sur le lit conjugal. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce sentiment d'abandon que Morgane avait clairement exprimé et qu'elle avait ressenti, elle aussi, adolescente, quand son père partait à la pêche aux thons pendant des mois. Lucas s'allongea à côté d'elle sur le lit sans perdre une miette du spectacle qu'offrait le corps nu de Marie. " - Ne t'en fais pas de la réaction de Morgane, c'est une adolescente qui a beaucoup souffert de l'absence de son père et de l'homosexualité de sa mère et qui en plus a du affronter l'absence de cette dernière. A vrai dire malgré mon amitié pour Elena, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle a vraiment fait du mal à Arthur et à Morgane. Quand ils étaient petits je me souviens, elle partait sur des dossiers du DCR à l'autre bout de la France et les laissait à Marius et Louise ses parents. J'essayais de passer les voir de temps en temps, mais bon tu connais les possibilités de mon métier, grimaça-t-il. - Je comprends ta réaction, lui réondit Marie en se blotissant contre lui, je sais ce que c'est de grandir en se sentant un peu seule. - Mis à part son caractère, Morgane et une jeune demoiselle trés charmante, tu sais, je crois que je détestaits la Bretagne à cause de leur père qui les as lachement abandonné pour un chantier dans le Morbihan ... - Tu as dis détestais au passé, le coupa Marie, parce que maintenant tu l'aimes ? Bizarre, je te croyait imperméable à toutes tentavives de la Bretagne pour te séduire ? - Faut dire que depuis l'énorme cadeau qu'elle m'a fait en me faisant te rencontrer, je pense ne plus lui en vouloir, autant finit Lucas.
Ils se regardèrent dans les yeux en jouant à qui les baisseraient le premier. Marie finit par perdre et pour ne pas laisser le temps à Lucas de savourer sa victoire, elle enchaîna sur les Légendes Bretonnes qu'avait évoqué Elena. Elle parla pendant un long moment des Légendes Arthuriennes avant d'en venir à celle qui lui tenait à coeur : " - Donc d'aprés elle, certaines légendes connues ne sont qu'un fragment de la vraie Légende originelle ? Tu as vu ce qu'elle a dit sur celle des Naufrageurs ? Les matelots de la Marie-Morgane avaient embarqués avec eux, une sirène, une morgane qu'ils avaient attachée à l'avant du bateau et qui était censée les empêcher de tomber sur des esprits malfaisants ? "
Marie ne finit pas son débat avec Lucas, en voyant que celui ci s'était purement et simplement endormis en l'écoutant parler des Légendes.
Elle se retourna vers leur réveil et remarqua qu'il était 4h du matin. Elle le tapa avec un oreiller pour se venger et se promit intérieurement de reprendre cette conversation avec lui, demain matin. Elle se blottit contre lui, toujours nue, et bercée par sa respiration lente, elle s'endormit à son tour.
Dernière édition par le Lun 5 Nov 2007 - 15:11, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: [FanFic'] La Revanche de La Morgane [1] Mer 29 Aoû 2007 - 13:52 | |
| Chapitre [3]Du sang coulait tout autour d'elle, elle ne savait pas ce qui se passait, elle sentait une présence, mais aussi près soit elle, elle ne pouvait pas s'aggriper à elle pour remonter à la surface. Elle continua de tomber dans cette eau sans fond ... Les ombres s'emparaient d'elle, elle voyait un bateau, elle le sentait, il était en elle ... Elle entendit alors le cri : inhumain, féminin mais en détresse ...
Marie Fersen se reveilla en sursaut, une douleur atroce lui barrait le ventre. Elle réussit tant bien que mal à se relever et regarda autour d'elle. Elle sentit venir le malaise en apercevant le sang tout autour d'elle et la feuille noyée dedans. Elle commença à partir dans un sommeil comateu. Elle fit l'effort de tendre le bras et l'attrapa, elle y lut ce quelques lignes : Marie, le S.R.P.J a appelé d'urgence, ils avaient besoin de renforts pour un get appens, je n'ai pas réussi à te réveiller, tu as fait une trés mauvaise nuit, j'ai préféré te laisser dormir. Ne m'en veux pas et ne boude pas en me rejoignant au poste. Je t'aime Lucas .
La douleur était diffuse, elle sentait qu'elle allait tomber. Comme dans son rêve ... Elle ne comprenait plus grand chose, mais elle savait qu'il lui fallait des secours. Son instinct de flic avait repris le dessus, mais sa condition de malade l'empêchait de trop réfléchir. Elle intercepta son portable et appela sur la touche 1 qui composait le dernier numéro enregistré.
Elle eu le temps de lire Morgane Monmory, avant de sombrer dans le brouillard...
" - Une ampoule d'adré et vite, passe lui un culot de O- et apportait la vite au bloc', lança Daniel Esolano, le chirurgien en charge des Urgences. "
Marie se reveilla l'esprit confus, elle ne comprenait pas où elle se trouvait et fut prise d'une angoisse sourde en entrevoyant les fils qui la reliaient à une grande machine. Elle essaya de se relever mais des sangles lui barraient les avants-bras. Elle avait suffisamment regardé "Urgences" et "Grey's Anatomy", pour reconnaitre le son distinct du bipeur qui mesurait son rythme cardiaque.
Elle fut prise de panique dans ce lieu toute fois inconnu et commença à pleurer quand la porte s'ouvrit à la volée. " - Marie, nom de Dieu, que s'est-il passé ? Demanda Lucas, le teint blème, Elena m'a appelé, Morgane avait reçu un appel provenant de ton portable et elle n'entendait rien, elle a eu peur, elles ont foncé à la maison en m'appelant au passage ! - Je sais pas, je sais plus, je me souviens du sang et de ce rêve ... Répondit Marie évasive. - Mais quel rêve ? interpella Lucas en prenant sa mimique habituelle de totale incompréhension.
Daniel Escolano, arriva à ce moment là dans la chambre et habillé de sa tête des mauvais jours, il apprit de but en blanc que Mme Fersen avait fait une fausse couche.
Daniel Escolano, grand, brun, le cheveu en bataille, les yeux verts malicieux, avait revêtu son masque des mauvais jours pour expliquez au couple devant lui, leur situation.
" - Madame, ... Fersen lut-il sur le papier médical qu'il tenait dans les mains, je suis vraiment désolé, vous venez de faire une mauvaise couche, vous étiez enceinte de 18 jours. "
Un silence de mort se posa sur la pièce à cette annonce, Marie, les yeux rougis par la mauvaise nuit qu'elle avait passé, et Lucas abasourdis par cette découverte qu'il n'avait pas prévu, se regardèrent un instant, lisant la douleur dans les yeux de l'autre, avant de détoruner leurs regards.
Daniel Escolano s'en alla, consterné qu'une si mauvaise chose puisse arriver à une femme et un homme si adorable.
" - Lucas, commença Marie dans un souffle ; Désolée, je suis vraiment désolée, acheva-t-elle, avant de se mettre à pleurer. "
Il ne fallut pas à Lucas d'avoir fait Maths Supérieur, pour déterminer que l'enfant en question avait été conçu à Killmore & que la question de paternité, se posait. Déboussolé complètement par les évènements douloureux à Killmore qu'il avait tenté de noyer & que l'annonce de la grossesse de Marie faisait resurgir, se rapprocha de sa femme et d'un ton apaisant lui expliqua qu'elle ne devait pas s'en vouloir, que cela n'était pas de sa faute, qu'une mauvaise couche arrivait à beaucoup de femmes
" - Lucas, le coupa Marie, tu ne comprends pas ou tu fais comme si tu ne comprenais pas, mais cet enfant il pouvait être ... de lui, acheva Marie, qui avait finit par se décider à l'apeller ainsi. Pourtant je ne voulais pas, je ne sais plus, je suis perdue ... - Marie, la question de paternité biologique n'est pas réellement importante, nous le savons tous les 2. Que cet enfant soit biologiquement de moi ou d'un autre, ce n'est pas grave : on l'aurait élevé ensemble, tous les 2 et cela aurait été mon enfant, enfin si tu l'avais accepté, ajouta tout d'un coup Lucas, en sentant l'anxiété le gagner. "
Marie mit mal à l'aise Lucas, pour la première fois de sa vie, il se demanda si réellement elle avait envisagé d'avoir un enfant avec lui, ce qui pour lui était une preuve d'amour intense la part de sa femme. Il se détourna pour masquer ses émotions visiblement trop fortes pour lui. Marie remarqua le brusque changement de son comportement de son mari et fut prise d'un sentiment de culpabilité énorme.
" - Je suis vraiment désolée, je n'aurais pas du, Lucas je ne l'aimais pas! Mais enfin, mais tu ne comprends rien, tu crois que c'était facile pour moi ! Tu changeais d'humeur ... - Marie, la coupa Lucas, Je ne changeais pas d'humeur, ce n'était pas la même personne ! C'est hallucinant tout de même, tu n'as même pas reconnu que ce n'était pas moi ! Ce salaud, il était jamais sorti de sa camisole et tu as réussi à nous confondre ! Tiens c'est beau l'amour entre jeunes mariés ! Et puis comme par enchantement, tu es partie te réfugier chez Surcouf et ne me dit pas aussi que Surcouf et moi tu nous confonds, parce que là je serais vraiment blessé, acheva Lucas en claquant la porte de la chambre d'hôpital.
Marie fatiguée par sa fausse couche et boulversée par la douleur de Lucas, se mit à réfléchir aux évènements de Killmore, pour la première fois depuis cette affaire. Lucas ..., Axel ..., elle revoyait leurs corps nus à tous les deux, les moments d'intimité qu'elle avait pu avoir avec chacun d'eux et ne comprenait pas comment elle avait pu ne pas se poser des questions. Elle revoyait la cicatrice de Lucas sur la hanche, ses fossetes sur le bas du ventre, la plupart des emplacements de ses grains de beauté qu'elle connaissait par coeur, les traces que les étés laissaient sur sa peau ...
Elle comprenait la détresse de Lucas, si l'aventure lui était arrivée à elle, elle aurait été horrifiée d'apprendre que Lucas ne l'avait pas reconnue.
Elle était en train de se rapeller les bons moments passés avec Lucas, leurs engeulades masquées, leurs enquêtes, lorsque l'on toqua à la porte. Persuadée que c'était Lucas, elle employa un ton qui se voulait neutre pour ne pas montrer qu'il l'avait chamboulée. Elle savait qu'elle arriverait à renouer le dialogue avec lui si elle le faisait rire. Elle répondit qu'elle était là.
Morgane suivit d'Elena Monmory, apparurent à l'embrasure de la porte.
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Marie n'arriva pas à masquer sa déception de ne pas voir Lucas à la porte. Elena, pour éviter de créer un malaise, expliqua qu'elle avait croisé Lucas, dans le couloir, qui leur avait indiqué la porte. Elles ne tenaient surtout pas à gêner qui que ce soit, mais elles voulaient prendre des nouvelles tout de même. Marie fut touchée par le ton simple et chaleureux d'Elena et les embrassa tendrement. Elle se mit ensuite à discuter avec Elena, en omettant de parler de la fausse couche. " - Non, disons que j'ai surement du manger quelque chose de moyennement bon hier soir, ce qui parait logique étant donné que c'est Lucas qui cuisinait, expliqua Marie à Morgane. - Finalement, avec ton coup de téléphone, Marie, maman aura compris l'importance de dormir avec son portable, à l'autre bout de la chambre bien sur, mais à portée d'oreille ! Fit remarquer Morgane à sa mère, d'un ton narquois. "
Elle laissa les deux femmes discuter de leurs expériences culinaires et s'en alla dans le couloir où Lucas, accablé, était assis sur un banc. Morgane s'avança doucement et s'assit à côté de Lucas. Elle ne saisissait pas bien les sous-entendus échangés entre sa mère et Marie, mais son intuition lui soufflait que Marie ait fait quelque chose de mal.
Lucas releva les yeux. Il détestait pleurer. Et encore plus quand il savait que quelqu'un d'autre le voyait. Il regarda Morgane fixement comme si il aurait voulu l'hypnotiser, afin de rayer de la mémoire de la jeune fille ce qu'elle venait de voir. Morgane éclata de rire, devant la tête concentrée de Lucas avant de lui confier qu'elle n'avait rien vu. Cette phrase rappela quelque chose à Lucas. Quelque chose qu'il avait vécu avec Marie et qui lui faisait mal en y repensant. Il se décida à arrêter de s'apitoyer sur lui même, se releva et parcouru des yeux la salle d'attente. Il vit défiler une ribambelle de médecins, tous plus affairés les uns que les autres.
Un, pourtant, marqua son esprit. Son visage lui faisait penser à quelqu'un, mais il manquait quelque chose d'essentiel à ce dernier pour que Lucas le reconnaisse. Leurs regards se rencontrèrent durant une fraction de seconde et Lucas fut alors intimement convaincu qu'il connaissait cet homme. Mais l'esprit embrouillé par sa dispute avec Marie, il n'arriva pas à remettre un nom sur le visage de ce visage.
Dernière édition par le Lun 5 Nov 2007 - 15:15, édité 7 fois |
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 | |  | | matchou07 Roi des Dolméniens


 Nombre de messages: 4194 Age: 18 Localisation: Chez moi ! Emploi: Lycéene Date d'inscription: 24/06/2005
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 | Sujet: Re: [FanFic'] La Revanche de La Morgane [1] Sam 1 Sep 2007 - 21:46 | |
| Oui j'ai hâte de lire la suite!!! |
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 | Sujet: Re: [FanFic'] La Revanche de La Morgane [1] Dim 2 Sep 2007 - 15:09 | |
| Chapitre 4 Elena sortit de la chambre d'hôpital de Marie, au moment où le médecin qui avait interpellé la mémoire de Lucas, disparaissait à son tour dans une autre chambre. Elena s'avança vers Lucas et lui fit signe d'aller voir Marie. Encore partagé entre ses sentiments d'abandon et d'amour, il fit un signe négatif de la tête et se rassit.
Morgane entra alors dans la chambre de Marie. Elle voulait occuper le temps que Lucas mettait à se décider à aller reparler à Marie. Elle ne savait pas bien à quoi occuper sa conversation, mais elle allait faire confiance à son habituelle aisance oratoire. Elle s'assit sur la chaise inoccupée à côté du lit, regarda Marie et se décida à ne pas réellement lui mentir en lui faisant croire que Lucas était parti faire autre chose, mais elle ne tenait pas à ce que Marie sache qu'il ne voulait pas entrer. Elle entama alors une conversation d'un tout autre sujet. " - Hier soir après être rentrée, commença Morgane, j'ai recherché sur internet des traces de la suite de la Légende de la Mary-Morgane, parce qu'apparemment tu t'y intéresses. Un seul site en parlait, mais pour apprendre quoi que ce soit; il fallait payer. Néanmoins Arthur est un génie de l'informatique et en deux ou trois clicks, il a réussi à débloquer le système. " Attentive, Marie saisit l'occasion de penser à autre chose et invita Morgane à raconter ce qu'elle avait appris. " - Pour beaucoup de gens, Morgane est à la fois une fée au pays des chevaliers de la table ronde ainsi qu'une pêcheresse, Ahès-Dahut, qui provoqua la chute de la ville d'Is, et qui fut changée en sirène pour devenir Mary Morgane. Dans les temps anciens, il y avait en Cornouaille armoricaine, qui est aujourd'hui la Bretagne, un puissant roi qui se nommait Gradlon, dit Gradlon-Meur, Gradlon le Grand. Il portait multiples surnoms, mais tous le décrivait comme un grand homme. Vieilli et rassasié par un début de règne païen, empli de gloires guerrières, celui-ci était devenu avec le temps l'ami du bien, s'efforçant de gouverner pieusement son royaume terrien dans la plus grande justice. En la sainte personne de Corentin, il avait trouvé le maître pour sa capitale de Kemper, qui est aujourd'hui Quimper. Puis, il s'en était allé dans Is, auprès de sa fille unique, Ahès-Dahut, en qui il avait mis toutes ses complaisances. Nul homme ne sait si la cité fut un cadeau que voulut faire le roi à sa fille ou si Ahès-Dahut la fit surgir des flots en invoquant quelconques sortilèges. Les sept péchés régnaient en maître entre ses épais murs. Tout n'était que fêtes, liesses, plaisirs et débauches. On voyait arriver de toutes parts, des pays les plus lointains, princes et gentilshommes attirés par la renommée de cette cour. Gradlon les recevait avec amitié, et Ahès-Dahut encore mieux. Chaque soir, en effet, la princesse choisissait un nouvel amant parmi les hôtes de belle apparence. Ses serviteurs remettaient à l'élu de la nuit, un masque magique. Le matin venu, au premier vol des hirondelles de mer, le masque étranglait le malheureux. Alors son corps était précipité au fond du gouffre de Huelgoat par un homme noir aux ordres de la princesse. Saint Gwénolé, avisé de ce qu'il se passait dans la cité, avertit à maintes reprises Gradlon que la patience de Dieu était à bout. Mais le vieux roi n'était déjà plus que faiblesse, chaque nouveau jour plus délaissé que la veille, semblable à un grand-père ayant transmis son héritage trop tôt. Il courait tout droit à sa perte dans le bruit incessant des tambours de la fête, Ahès-Dahut n'ayant que faire des menaces du saint. Or, un soir, un prince étrange à l'œil de feu, tout de rouge vêtu faisait son entrée dans la cité. C'était un homme de grande taille, barbu à l'excès qui venait, parait-il, des extrémités de la terre afin de la rencontrer. Celui-ci savait tout de la malice humaine et en parlait si bien et avec tant d'esprit qu'Ahès-Dahut et les gens de sa cour reconnurent qu'ils avaient trouvé là leur maître. Après une soirée emplie de frénésie, l'étrange personnage finissait de captiver la princesse en lui révélant, dit-on, les secrets de vices inconnus, juste en échange de quelques témoignages d'amour. Noble seigneur, quels témoignages vous donnerais-je encore que je ne vous aie point offerts? Le prince lui réclamait alors la clé des écluses qui protégeaient la ville car il faut vous le dire, Is avait été bâtie plus bas que la mer. Sous l'emprise du rouge étranger, Ahès-Dahut s'exécutait et allait dérober la clé d'argent suspendue au cou de son père profondément endormi. De retour, elle remettait celle-ci à l'homme qui s'empressait aussitôt d'en faire usage tout en reprenant son vrai visage, celui de l'être le plus démoniaque et le plus vil. Celui du diable. L'une après l'autre, les écluses protégeant la cité étaient ouvertes. Pendant ce temps, dans l'aile de son palais, le roi était réveillé. Ce n'était point par le grondement des flots qui déjà s'engouffraient et submergeaient la cité mais par Saint-Guénolé venu en Is pour le sauver. Saisissant Morvac'h son fidèle cheval, Gradlon prenait alors la fuite aux côtés du saint homme. Chevauchant aux travers des rues, des places et des carrefours en direction de la grande terre, le roi, bon père croisait la route de sa fille qu'il ne pouvait s'empêcher de prendre en croupe. Devant tant de poids, le pauvre Morvac'h se voyait rattrapé par la mer... A moi, Saint Gwénolé ! S'écriait l'épouvanté! Gradlon, jette le démon assis derrière toi! Car toi seul seras sauvé! Répondait le saint. Mais c'est ma fille! Je ne saurais la laisser! Alors, Saint-Guénolé leva sa crosse et de son extrémité toucha la princesse qui glissait dans la mer et y disparaissait. Les flots soudainement s'apaisaient et le cheval, d'un bien lourd fardeau allégé mettait enfin pied à terre. Is n'était plus... Is avait vécu... Seule demeurait à sa place, la mer telle un lac étincelant où finissait de mourir le son des cloches. Saint Gwénolé, servi par le vieux roi, voulut célébrer une messe de salut pour la cité engloutie. Tandis qu'il élevait au dessus de sa tête le calice en cristal de Byzance, celui-ci vit jaillir des eaux scintillantes le torse nu d'une fille aux cheveux de cuivre et à la queue d'argent. C'était Ahès-Dahut! Ahès devenue Marie-Morgane pour la durée de sa damnation. Gwénolé, saint parmi les saints en fut si surpris qu'il laissa s'échapper d'entre ses mains le précieux calice qui vint se briser au bas du rocher. Ainsi, la messe du rachat ne fut point consommée. Depuis, Is demeure maudite et Morgane, sirène. Attendant le jour où le saint office pourra se dérouler jusqu'au bout, un vendredi de la Croix, dans une église de la cité des abîmes. Acheva Morgane, qui aimait raconter des histoires au gens. - Bein dis, donc, tu remarqueras que nous portons les prénoms qui composent le nom d'une méchante, répondit Marie, après un ton de silence. - Oui, effectivement, mais d'un autre côté Morgane est aussi considéré comme le féminin sacré. Donc ça contrebalance, acheva Morgane avec un clin d'œil. "
La conversation entre les deux femmes s'arrêta lorsque Lucas entre dans la pièce. Morgane sentant qu'elle était de trop, se dépêcha de s'en aller. Lucas s'avança alors auprès de Marie et la regarda dans les yeux.
**
** Peu habituée à ce regard sans ironie, simplement franc, Marie détourna les yeux. Lucas s'approcha alors du lit, prit une chaise qu'il retourna et s'assit dessus. Il entama alors la conversation : " - Le médecin pense que tu pourras sortir demain, ta fausse couche était sans grande gravité. Tes constantes vitales sont stables, le risque de fertilité, suite à l'accident, est écarté, en toute certitude. Je passerai te chercher de main matin, bonne nuit. "
Sans un regard pour sa femme, il s'en alla. Marie resta comme suspendue, après le bref échange eu avec Lucas. " Il ne m'aime plus, pensa-t-elle de suite ".
Malgré sa grande faculté à passer outre, toutes les épreuves qu'elle avait vécues, elle se sentit pour la première fois au fond du trou.
Lucas repartit de l'hôpital, sans se retourner malgré les larmes qui brillaient dans ses yeux. Il s'effondra sur son volant, mais sa masculinité faisant foi, il releva le menton, fier, provocateur et décida d'aller directement au 36, quai des Orfèvres, où il pourrait noyer sa peine dans les dossiers accueillants du DCR.
Le soleil se leva difficilement sur la capitale, rendant la circulation compliquée et dangereuse. Sans vouloir s'avouer qu'il avait attendu ce moment toute la nuit, il rentra dans sa voiture en modérant son entrain. Marie lui avait affreusement manqué, c'était sa première nuit de dispute, où chacun dormait dans son coin, bien que les conditions soient un tant soit peu extraordinaires.
La porte de l'hôpital s'ouvrit à la volée et Marie et Lucas se retrouvèrent face à face. " - Le médecin m'a signé une décharge. J'ai appelé Amélie et Claire pour qu'elle passe me prendre. J'ai essayé de te joindre pour te prévenir de ne pas venir, mais comme d'habitude ton portable était éteint. - Mon portable n'était pas éteint, mais je dormais, ce qui fait que tes appels ont du être différés à la centrale de nuit, j'étais de garde. - Dormir pendant une garde ? Je me demande lequel de nous deux à le plus besoin d'aller à l'hôpital, répondit Marie, d'un ton moqueur en saisissant la première erreur de Lucas pour répliquer."
Elle lui souhaita une bonne journée et s'en alla attendre au coin de la rue.
Il la regarda sans comprendre. Puis ses traits se détendirent. " Tu veux jouer à ça, Mme Fersen, tu vas être servie ", pensa-t-il assez fort, pour que sa femme se retourne et lui lance un regard de défi. " - Tu ne vas comme même pas, rester ici à ne rien faire ? Je crois que le S.R.P.J, sera heureux de te voir arriver en renfort. Amélie m'a avertit, qu'il leur manquait des hommes. Tâche de ne pas t'endormir, sinon le préfet se fera un plaisir de te rétrograder . - Capitaine Fersen, un non-respect à votre supérieur peut entraîner un aller simple pour la circulation, souvenez-vous en. Mais aujourd'hui je ne vais pas aller au S.R.P.J, le DCR m'envoie dans un lieu reculé, un crime sordide vient d'être commis. Le temps de passer me composer une équipe digne de ce nom et j'y fonce, bonne journée, capitaine ! - Lucas, t'as pas le droit de m'évin ... - Tu repasses au tutoiement, maintenant ? Tu devrais reprendre le vouvoiement, c'est très excitant, surtout dans un couple marié ! Lui répondit Lucas, en envoyant son plus beau sourire à Marie. "
Il s'en alla rejoindre sa voiture de fonction, quand il lança à Marie un dernier au revoir, avant de lui annoncer que le Préfet allait sans doute passer au poste afin de sélectionner des nouveaux commandants de section, peut être pourrait elle enfin accéder à un poste de même envergure que lui, mais cela ne durera pas, il allait être promu commissaire divisionnaire !
Marie entra en trombe dans la Mini-Cooper bleu de Claire et laissa éclater ses sentiments. " - Pourquoi faut-il qu'il soit toujours aussi doué dans l'art de la répartie! Ce n'est même pas possible d'envisager de le doubler, il trouve toujours comment s'en sortir. Je le hais, presqu'autant que je l'aime! - Je suis sure qu'il a du sang breton tout comme toi, ce qui explique votre habilité dans cet art là, ainsi que votre fichu caractère : ça va pas de nous réveiller aussi tôt, surtout pour simplement venir te chercher ! Répondit Amélie, assise à l'arrière. Olivier, aussi va hurler, lui faire rouvrir des vieux dossiers, pour donner l'impression que tu étais attendue! - Bon, ça va, ... bouda Marie, je croyais que cela vous amusez à faire tourner Lucas en bourrique ! "
Amélie et Claire se regardèrent en rigolant. La perpétuelle envie de Marie, de séduire pratiquement chaque jour, Lucas, à nouveau, avait été accrue depuis leur retour d'Irlande. Elles avaient bien compris qu'il s'était passé des choses horribles, mais connaissant la façon des journalistes, à grossir chaque fait divers, elles n'avaient pas pensé, que pour une fois, ils l'avaient minimisé.
Ceintures attachées, elles partirent en trombe vers l'appartement avenue Gambetta, où Marie voulait passer, avant de rejoindre, leur QG, comme elles se plaisaient à l'appeler.
Dernière édition par le Lun 5 Nov 2007 - 15:16, édité 7 fois |
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 | Sujet: Re: [FanFic'] La Revanche de La Morgane [1] Dim 2 Sep 2007 - 16:34 | |
| c'est pas mal, vivement la suite!!  |
|  | | | | [FanFic'] La Revanche de La Morgane [1] | |
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